Analyse
Sicav d’actions bancaires : racheter ? il y a 4 ans - mercredi 17 juillet 2013

Crise immobilière aux USA, crise des dettes souveraines en Europe, crise chypriote : le secteur bancaire panse ses plaies.

Si vous avez des parts de sicav bancaires, conservez.  Mais pour (r)acheter, mieux vaut attendre.

 

Purgatoire

Les détenteurs d’actions de banques européennes n’ont pas vécu dans l’allégresse ces dernières années (crise immobilière américaine en 2007, crise des dettes souveraines en Europe en 2011). Les actions bancaires cotent à moins de 60 % de leur sommet de 2007. Pourtant, après les deux crises, le secteur a pris de nombreuses mesures pour redresser la barre : réductions de coûts (personnel…), revente d’activités (e.a dans la gestion de patrimoine), et ce même dans les banques qui n’ont pas dû être sauvées. Grâce au soutien de la Banque centrale européenne et à des normes plus sévères de liquidité et de solvabilité (Bâle III), les valeurs bancaires ont entamé l’an passé un beau retour en force. En 2012, leurs cours ont augmenté de 30 %.

 

Examens réussis

Il est probable que le plus dur soit passé. Pourtant, les valeurs du secteur ont perdu en moyenne 2 % depuis le début de l’année alors que dans le même temps les Bourses européennes ont gagné 2 %. En cause, les crises chypriotes et portugaises.
Toutefois, les banques remboursent leurs dettes à la BCE, plus vite et en plus grand nombre que prévu. Elles ont amélioré leur structure capitalistique. Et la BCE a créé un cadre dans lequel elles peuvent évoluer avec davantage de liberté puisqu’il est acquis que l’euro ne va pas sombrer et qu’aucun de ses membres ne sera exclu.

 

Acheter des sicav d’actions bancaires?

Non. Les défis restent trop importants.
Il faudrait d’abord que l’union bancaire européenne soit effective, pour briser les chaînes liant les Etats à leur secteur bancaire et empêcher que lorsqu’un Etat rencontre des difficultés, ses banques tremblent sur leurs bases et entraînent les autres à leur suite.
Ensuite, la crise économique pèse sur la rentabilité des banques, dont les revenus ne sont plus ce qu’ils étaient (elles prêtent moins aux entreprises et aux ménages, les taux sont bas). Dans certains pays (Espagne, Italie, Pays-Bas), les entreprises et les ménages peinent à rembourser leurs crédits. La pression réglementaire ne va pas s’estomper. Les banques qui ont bénéficié d’un soutien de la collectivité sont confrontées à une foule de restrictions. Enfin, les actions du secteur bancaire ne sont pas bon marché, surtout si on tient compte de la volatilité du secteur et des bénéfices attendus.

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