Analyse
Faut-il miser sur les sicav d’actions belges ? il y a 3 ans - jeudi 19 décembre 2013

Faut-il inclure une sicav d’actions belges dans un portefeuille, à titre de diversification ?

L’offre en sicav d’actions belges a beau être bien fournie, les investisseurs étrangers boudent la Bourse de Bruxelles. Trop petite... A nos yeux, elle est chère.
Investir dans une sicav d’actions belges n’apporte pas grand chose.
VENDEZ.

 

100% belges ?

Les sicav d’actions belges investissent dans des sociétés cotées sur Euronext Bruxelles ou dont l’activité est centrée sur notre pays. Ce qui ne veut pas dire qu’il s’agisse de sociétés vraiment belges. Prenons l’exemple de GDF Suez. Le géant français est le numéro deux des actifs des sicav d’actions belges (poids moyen de 9 %). Et il n’est devancé que par AB InBev, dont on connaît la mondialisation ! Même une sicav comme IN.flanders Index Fund, qui mise sur les entreprises créant de l’emploi en Flandre, ne compte que 50 % de sociétés belges (nous l’avons d’ailleurs rangée dans la catégorie des sicav d’actions européennes).

 

38 combinaisons

Il y a dans notre pays une vingtaine d’instruments, sicav, trackers et fonds de la branche 23 spécialisés en actions belges. Si l’on prend en compte leurs variantes (capitalisation, distribution…), on arrive à un total de 38 combinaisons pour un actif total de plus d’un milliard d’euros.
On peut les ranger en deux groupes.
Le gros de la troupe fait l’objet d’une gestion active : les gestionnaires ont l’ambition de faire mieux que l’indice de référence (Bel20 p. ex.). C’est dans ce groupe qu’on trouve les meilleures du lot (celles qui sont les plus convaincantes à long terme sur le plan des prestations, de la régularité et du risque). Il s’agit de :
– Petercam Equities Belgium B
– Petercam Horizon B Equities Belgium Plus B
– C+F Belgian Growth (l’ancienne Hermes Belgian Growth qui avait la particularité de ne quasiment pas investir dans le secteur financier).
Viennent ensuite les sicav à gestion passive, qui se contentent de suivre au plus près leur indice de référence :
– Argenta Actions Belges
– KBC Multi Track Belgium
– le tracker Lyxor ETF Bel 20
Ces instruments ne s’intéressent qu’aux grandes valeurs de la cote bruxelloise, les poids lourds du Bel20comme AB InBev, GDF Suez, KBC, Ageas, Solvay...

 

Pas assez de valeur

La Bourse de Bruxelles est trop chère lorsqu’on regarde les perspectives de croissance des sociétés concernées, leur valeur comptable, leur rapport cours bénéfice, etc. Ce n’est que sur le plan du rendement sur dividende (un peu plus de 3 %) que les actions belges s’en tirent encore bien. Ce n’est donc pas un hasard si nous conseillons de vendre 7 des 20 actions du Bel20; seules Delhaize, Delta Lloyd (société néerlandaise!) et GDF Suez (société française!) sont ‘à acheter’. Sur le plan de la croissance attendue, du risque, des coûts et de la fiscalité (qui vient d’être alourdie du fait de la fin de l’exonération de précompte sur les dividendes belges), les sicav d’actions belges n’ajoutent pas assez de valeur à un portefeuille diversifié.
N’en déduisez pas cependant que toutes les actions belges sont sans intérêt (pour en savoir plus, faites usage de notre sélecteur d’actions).

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