Analyse
Sicav : les tops et les flops de 2013 il y a 3 ans - mercredi 15 janvier 2014

Les meilleures et les pires prestations de l’année écoulée.

N’accordez pas trop d’importance aux performances passées. Ce qui compte, c’est le potentiel. Car si même ce sont les sicav affichant les meilleures prestations récentes qui attirent le plus de capitaux (‘hot hands syndrome’, le succès fait vendre…), les prestations historiques ne disent quasi rien sur celles de demain. Il ne faut certes pas non plus tourner systématiquement le dos aux vainqueurs du passé. Mais ils ne valent la peine qu’on s’y attarde que si leur cours garde du potentiel. Pour un choix éclairé, utilisez notre sélecteur

 

Gagnants et perdants

(rendements en euros)

Dans un échantillon diversifié de 500 produits (sicav, trackers, fonds liés à des contrats d’assurance), c’est le secteur de la biotechnologie qui a le mieux travaillé (+54 %). Les sicav du secteur pharma viennent ensuite (+30 %). On notera aussi les excellentes prestations des sicav d’actions américaines (+26 %) et, depuis l’été, celles des sicav d’actions de la zone euro (+23 %), dont la progression repose sur l’amélioration des résultats des entreprises et la stabilisation du secteur financier.

 

Côté déceptions, ce sont les actions de mines d’or qui viennent en tête (-52 %), puis les actions turques (-32 %), le pays étant confronté à une vague de scandales politiques qui ont amené les investisseurs à vendre en masse, non seulement leurs actions mais aussi leurs obligations, ce qui a pesé sur la devise locale. (Ré)investir en Turquie reste trop risqué.

TOP 5

1. Dexia Equities L Biotechnology et équivalents (+57 %)
2. EasyETF Stoxx Europe 600 Telecom (+37 %)
3. BGF World Healthscience A2 (+37 %)
4. SPDR MSCI Europe Telecom (+36 %)
5. PARVEST Equity USA Small Cap (+36 %)

Pour n’importe quelle sicav biotechnologique, il était impossible de mal faire l’an passé puisque ce secteur a gagné grosso modo 60 %. Le tracker First Trust NYSE Arca Biotechnology, qui affiche la prestation la plus faible du lot, donne encore +44 %. Ce qui fait la différence, ce sont les frais, la qualité de gestion et la stratégie (sous et surpondérations par rapport à l’indice du secteur et à la concurrence). Les grands noms du secteur, comme Biogen (+83 %), Celgene (+106 %) et Gilead Sciences (+96 %) ont brillé. Un succès dû à la qualité des projets en cours, aux bons résultats et à l’optimisme des analystes.

Le secteur garde un potentiel suffisant pour y investir. Mais il faut accepter de voir son avoir fluctuer. Notre préférence va à Franklin Biotechnology. First Trust NYSE Arca Biotechnology, qui mise davantage sur les petites valeurs, est une bonne alternative.

Le secteur européen des télécoms revient de loin. Avec une progression moyenne de 37 %, il fait mieux que la moyenne sectorielle mondiale (+15 %). Les outils misant exclusivement sur des valeurs européennes comme Vodafone (+57 %), BT Group (+65 %) et Deutsche Telecom (+56 %) sont des trackers (EasyETF Stoxx Europe 600 Telecom, SPDR MSCI Europe Telecom. Services ETF). La prestation est d’abord une manœuvre de rattrapage par rapport au reste du secteur. Les investisseurs ont dû entre-temps digérer des réductions de dividendes, des augmentations de capital et un alourdissement de la réglementation européenne qui ne pèsent heureusement plus beaucoup par rapport aux atouts de ces actions : un rendement sur dividende (brut) de 4,4 %, une gestion faisant la chasse au gaspi et des cash-flows généreux.

Vous pouvez acheter, avec une préférence pour le tracker EasyETF (ticker SYT sur Euronext Paris) et pour une série de sicav mondiales.

FLOP 5

1. RBS MA Gold BUGS ETF et équivalents (-57 %)
2. Dexia Equities L Turkey (-32 %)
3. ETFS Physical Gold Fund et équivalents (-31 %)
4. Lyxor UCITS ETF Brazil (-31 %)
5. BlackRock GF World Mining A2 (-27 %)

Les actions de mines d’or ont connu une nouvelle annus horribilis (-53 %). Le cas le plus tragique est celui du tracker RBS Market Access Gold BUGS Index ETF : -57 % (suite à son poids dans les mines Iamgold (-71 %) et Minas Buenaventura (-69 %). Si, en fin de compte, BGF World Mining A2 parvient à limiter les dégâts avec un recul de ‘seulement’ 27 %, c’est parce que cette sicav investit aussi dans des mines produisant aussi du cuivre et du fer.
Le recul des actions de mines d’or est dû d’abord au recul de l’or lui-même et au climat négatif entourant ces actions. La sanction est trop lourde.
Les plus audacieux parmi vous peuvent acheter.

Le prix du métal jaune ayant baissé de 30 % (en euros) en 2013, c’est à peu près ce qu’ont perdu les trackers d’or physique comme ETFS Physical Gold Fund. Le prix de l’or a surtout baissé parce que, les marchés financiers allant mieux, les investisseurs ne se sentent plus attirés par cette valeur refuge.
Détenir de l’or apporte cependant une diversification (le métal jaune réagit différemment des actions et des obligations) et peut aussi être vu comme une sorte d’assurance contre les dangers en tous genres courus par les marchés financiers.
Notre préférence va à l’or physique, en lingot(s) ou en plaquette(s) auprès d’un spécialiste comme Goldforex ou Numagold, ou via un tracker coté en Bourse.

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