Analyse
Franc suisse : prendre ses bénéfices ? il y a 2 ans - mercredi 11 février 2015

La décision de la banque nationale suisse de laisser le franc s’apprécier librement par rapport à l’euro a permis aux sicav d’obligations en franc suisse de gagner 16 % depuis début 2015.

Le moment est venu de prendre vos bénéfices.
Tournez-vous plutôt vers le dollar (jusqu’à 5 % de votre portefeuille, via
ING (L) Renta Fund Dollar, KBC Renta Dollarenta, Pictet-USD Government Bonds-P, la couronne suédoise (jusqu’à 5 % de vos avoirs, via KBC Renta Sekarenta) ou encore danoise (jusqu’à 5 % via KBC Renta Decarenta).

 

Compétitivité mise à mal

Les entreprises installées en Suisse savaient depuis un an qu’elles devraient composer avec la fin de la libre circulation des travailleurs européens. De quoi peser sur la disponibilité et le prix de la main-d’œuvre. Désormais, elles savent aussi qu’elles doivent s’accommoder d’une des devises les plus chères au monde. Deux éléments qui pèseront sur leur compétitivité. Toutefois, selon le dernier rapport du Forum économique mondial, la Suisse dispose de l’économie la plus compétitive au monde. La détérioration de sa position est donc loin d’être dramatique. Cependant, l’envol du franc rendra les biens en provenance de l’étranger moins chers, alimentant une baisse des prix qui pèsera sur la croissance et, in fine, sur la rentabilité des entreprises.

 

Rares valeurs refuges

Longtemps présentes dans nos portefeuilles défensifs pour leur valeur de refuge, les sicav d’obligations en franc suisse ne sont plus intéressantes. La devise est chère et les taux des obligations sont négatifs sur toutes les durées jusqu’à pratiquement quinze ans ! Mieux vaut donc les revendre (avec un joli bénéfice !). Les remplaçants potentiels du franc suisse en tant que valeur refuge ne sont pas légion. Les taux obligataires allemands à dix ans approchent à peine 0,40 %, au même niveau que les japonais. Seuls les USA se profilent comme valeur refuge avec des taux de l’ordre de 1,90 % à dix ans. Etrangement ignorée par les marchés, la Suède dispose encore de sa note AAA. Certes, à 0,60 % à dix ans, les taux n’ont rien d’exceptionnel, mais la dette a l’avantage de ne pas appartenir à la zone euro (moins exposée à la Grèce) et la devise a un joli potentiel de hausse. Les obligations danoises suscitent un vif intérêt. La devise fluctue habituellement dans une marge étroite par rapport à l’euro, mais la Banque du Danemark a dû intervenir pour l’empêcher de s’apprécier trop (les investisseurs spéculaient sur un scénario à la Suisse). Outre leur côté très sûr, les obligations danoises permettent d’investir dans une devise proche mais différente de l’euro (peu exposée à la Grèce). Mais si la devise devait finalement s’envoler face, le bonus ne serait pas négligeable.

 

Et les actions suisses ?

Globalement, la Bourse suisse ne présente pas un potentiel de hausse suffisant pour mériter un investissement. Mais certaines actions restent intéressantes. C’est le Bell (viande) : l’impact de la hausse du franc sur son activité sera limité (70 % du chiffre d’affaires réalisé en Suisse). C’est aussi le cas de Syngenta (produits phytosanitaires et semences) : l’année 2015 sera difficile mais la hausse du franc ne devrait pas trop pénaliser la compétitivité.


Partagez cet article