Analyse
Investir en Afrique du sud il y a 2 ans - mercredi 23 septembre 2015

De nombreux défis, mais un potentiel incontournable.

L’économie sud-africaine est dans un creux, mais le potentiel du pays est considérable et la Bourse de Johannesbourg n’est pas chère. Vous pouvez y investir 5 % de votre avoir, de préférence via le tracker, iShares MSCI South-Africa UCITS ETF.

 

Economie à la traîne

Depuis son sommet de mai, la Bourse sud-africaine a chuté davantage que la moyenne mondiale. Cette année et la suivante, la croissance de l’économie sud-africaine devrait être de 2,5 %. Ce n’est pas mal (la zone euro ne dépasse pas 1,6 %), mais c’est en dessous du potentiel du pays. En cause : des problèmes d’infrastructure (réseau électrique…), un manque d’investissements (l’Etat n’inspire pas confiance), un chômage et un endettement élevés. Pour les années à venir, il ne faut pas s’attendre à des prestations surprenantes.
En revancher, l’Afrique du Sud dispose d’une banque centrale dont la réputation de vigilance n’est plus à faire. Elle n’a pas hésité en juillet dernier à relever son taux directeur à 6 % pour soutenir le rand et juguler une inflation qui a grimpé à 5 %.

 

Pourquoi investir ?

Ce qui précède ne veut pas dire qu’il ne faut pas investir en Afrique du Sud. Au contraire :
– le rand sud-africain est sous-évalué par rapport à l’euro
– la Bourse de Johannesbourg n’est pas chère, sa volatilité semble s’être réduite et elle devrait offrir un rendement supérieur à celui des Bourses occidentales pour un risque comparable;
– le pays est riche en matières premières, sa population croît et s’enrichit, sa politique monétaire est appréciée, son marché financier est développé et son système bancaire est sain et solide;
– l’Afrique du Sud est une tête de pont pour tous ceux qui veulent commercer avec l’Afrique continentale; elle peut à tout moment faire appel au marché financier international pour y collecter des capitaux.

 

Choix limité

– JPMorgan Africa Equity est un fonds investi sur l’ensemble du continent africain, avec 60 % en valeurs sud-africaines; idem pour Robeco Afrika avec 50 %.
Mais mieux vaut se concentrer sur les trackers HSBC MSCI South Africa UCITS ETF, iShares MSCI South-Africa UCITS ETF, Lyxor UCITS ETF South Africa FTSE JSE Top 40, et RBS Market Access FTSE/JSE Africa Top 40 Index ETF. Tous ne sont cependant pas identiques. Ils fonctionnent avec des indices sous-jacents différents et les appellations suscitent parfois le doute. Les trackers iShares et HSBC utilisent l’indice élargi MSCI South Africa, composé de 53 valeurs sud-africaines cotées en Bourse de Johannesbourg et en rand. Le FTSE/JSE Top 40 est utilisé par les trackers Lyxor et RBS mais contient plus d’un tiers de sociétés non sud-africaines actives en Afrique du Sud. Nous préférons l’indice MSCI, plus intéressant dans sa répartition sectorielle, moins axé sur les matières premières et davantage sur le secteur bancaire. En outre, iShares ne distribue pas de dividendes mais les dividendes de HSBC sont soumis au précompte mobilier de 25 %; iShares est aussi un peu plus liquide (différence plus petite entre cours d’achat et de vente).

 

Fusion chez ishares

En octobre 2014, nous avons conseillé le tracker iShares MSCI South Africa B UCITS ETF (IE00B4ZTP716), lequel a fusionné entre-temps avec iShares MSCI South Africa UCITS ETF. Si vous aviez des parts du premier, vous avez reçu en échange 3,693594045 parts du second. Le nom a changé, le code ISIN et le marché sur lequel il est coté aussi (il cote à Francfort, Londres et Milan, en euro, en dollar et en livre sterling).

 

Pourquoi pas sur le NYSE ?

Que penser du grand frère américain iShares MSCI South Africa coté sur le NYSE (ticker: EZA). C’est le plus gros tracker d’actions sud-africaines et ses frais annuels ne s’élèvent qu’à 0,62 % contre 0,65 % pour le petit frère européen.
Mais ce tracker paie son dividende en deux fois (juin et décembre) et est doublement imposé (à 15 puis à 25 %), ce qui pèse sur le rendement.

 

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