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Trackers : où, quand, comment, pourquoi ? il y a 7 mois - jeudi 9 novembre 2017
Les trackers existent depuis environ 25 ans et connaissent un succès toujours croissant. De quoi s'agit-il au juste et comment bien les utiliser ?

De quoi s'agit-il ?

 Les trackers, aussi appelés ETF (Exchange Traded Funds), sont des fonds de placement cotés en Bourse (négociables à tout moment, comme les actions), dont le portefeuille est une copie conforme d’un indice de référence et qui ont comme objectif d’égaler cet indice (d’où l’appellation ‘tracker’ : en anglais ‘to track’ = suivre à la trace). 

Cet indice de référence peut être de toute nature. Le tracker Lyxor Bel 20 TR UCITS ETF vise ainsi à égaler le Bel 20. Le tracker Gold Bullion Securities vise à égaler le marché de l’or (lorsque le cours de l’or monte, ce tracker en fait autant, et inversement bien sûr), etc. 

Les cinq grands avantages des trackers

Diversification
Les gestionnaires d’un tracker n’ont pas d’autre mission que celle de suivre au plus près leur indice de référence, lequel est constitué de centaines d’actifs différents. Ainsi, si vous achetez iShares Core S&P 500 UCITS ETF, vous achetez en fait un panier de 500 actions différentes. Il y a encore mieux. Le tracker d’actions internationales Vanguard Total World Stock Index ETF investit dans 7 600 sociétés ! Attention, diversification signifie bien réduction mais pas suppression du risque (en 2011, le tracker de Vanguard a perdu 11%...).

Accès facile
La mise minimale est réduite : fin septembre, il fallait moins de 30 euros pour acquérir une part du tracker iShares MSCI Australia UCITS ETF dont le portefeuille est le reflet de l’indice MSCI Australia (70 principales actions australiennes). La mise minimale pour la plupart des trackers se situe entre quelques dizaines et quelques centaines d’euros.

Frais réduits
Lorsque vous achetez une part de tracker, vous devez tenir compte du fait qu’en plus du prix payé (cours boursier), il y a des frais annuels à acquitter. Un tracker doit être géré et ceux qui le gèrent doivent être rémunérés. Le fait que ces frais soient réduits est un des gros avantages des trackers. Prenons l’exemple (extrême certes) du tracker d’actions américaines Vanguard S&P 500 ETF : ses frais annuels sont de 0,07%. C’est environ 20 fois moins qu’un fonds d’actions américaines. Pour rappel, les frais annuels sont automatiquement retirés de la valeur d’inventaire des trackers, il ne faut pas les débourser.

Facilement négociables
Comme les trackers sont cotés en Bourse, vous pouvez les acheter ou les vendre à tout moment. Leur liquidité (= le fait que vous puissiez trouver une contrepartie pour acheter ou vendre) est garantie par des professionnels (market makers). Ceux-ci veillent aussi à ce que le prix de la transaction soit une représentation correcte de la valeur nette d’inventaire du portefeuille du tracker.

Vaste choix
Il y a sur le marché environ 6 000 trackers différents qui vous donnent la possibilité d’investir en actions (par pays, par grande région, par secteur d’activités), en obligations (en différentes devises, de différentes durées, de différents émetteurs), en matières premières…

Où acheter un tracker ?

La majorité des banques offrent la possibilité d’investir dans des trackers. Mais pas au même tarif…

Jetez un coup d’œil sur l’illustration ci-dessous. Nous avons comparé les frais réclamés dans chaque banque pour le tracker iShares Core MSCI World. Nous avons supposé un investissement de départ de 5 000 euros pour une durée de 10 ans. Après 10 ans, supposons que la valeur du tracker ait doublé pour atteindre 10 000 euros, montant auquel vous décidez de revendre. A l’achat comme à la vente, votre banque réclamera des frais (trait bleu). On voit déjà une différence importante entre les moins chers (moins de 30 euros pour les deux transactions) et les plus gourmands (de 60 à 90 euros).Certaines banques réclament aussi des frais de garde, dus chaque année. Dans les grandes banques (Belfius, BNPP Fortis et ING) les frais de garde (180 euros après 10 ans dans notre exemple) sont plus élevés que les frais de gestion du tracker en lui-même (150 euros sur 10 ans, déduits directement de la valeur nette d’inventaire).

Notre conseil
Si Lynx et DeGiro proposent des tarifs défiant toute concurrence et de très bonnes plateformes en ligne, ils s’adressent aussi aux investisseurs un peu plus expérimentés que les formalités ne rebutent pas. Comme il s’agit de courtiers établis à l’étranger, vous devez mentionner l’existence d’un tel compte à la Banque nationale de Belgique (BNB) et dans votre déclaration d’impôts.

MeDirect, BinckBank, Bolero et Ketrade Bank proposent aussi des tarifs concurrentiels. BinckBank et Bolero offrent un plus grand nombre de fonctionnalités sur leur plateforme mais MeDirect offre un choix de produits plus large (gamme plus étendue, portefeuilles modèles, comptes d’épargne avantageux…). Quant à Keytrade Bank, si elle est un peu plus chère que les autres, vous y trouverez aussi tout ce que peut offrir une banque complète (compte à vue, compte d’épargne, etc).

Notez que dans toutes les banques que nous venons d’évoquer tout se fait en ligne et que vous ne recevrez pas de conseils personnalisés. S’il est important pour vous de recevoir régulièrement des conseils, optez plutôt pour une banque disposant d’agences et de conseillers. N’attendez toutefois pas trop des grandes banques (Belfius, BNPP Fortis et ING). Elles sont chères et vous n’y recevrez probablement pas de conseils sur les trackers, ces banques préférant aiguiller leurs clients vers des fonds de placement dont les commissions sont (pour elles) bien plus élevées. Si vous voulez être conseillé personnellement, adressez-vous plutôt à Deutsche Bank, qui renforce ses conseils en trackers.

Comment acheter un tracker?

Il faut disposer d’un compte-titres sur lequel seront placés vos trackers et à partir duquel vous pourrez suivre leur évolution. Ensuite, rendez-vous sur la plateforme de transactions de votre banque et identifiez le tracker que vous souhaitez acheter. Chaque banque propose un moteur de recherche. Pour éviter toute confusion, utilisez le code ISIN. Pour limiter les frais, privilégiez les Bourses Euronext (Bruxelles, Paris ou Amsterdam) et les cotations en euro. Une fois le tracker sélectionné, indiquez la quantité que vous voulez acheter et, de préférence, un cours limite (cours maximum auquel vous souhaitez acheter). Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises. Enfin, choisissez la durée de validité de votre ordre et terminez avec votre signature électronique. Une fois la transaction réalisée, le tracker apparaîtra sur votre compte-titres.

 

 

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