Où trouver la croissance ? Notre scénario pour 2026
Les régions du monde susceptibles de porter la croissance en 2026.
Les régions du monde susceptibles de porter la croissance en 2026.
Après les fortes fluctuations observées en 2025, l’année 2026 s’annonce plus apaisée, tant en Europe qu’aux États-Unis.
La diversification a joué un rôle clé en 2025, certains marchés moins médiatisés ayant surpassé le marché américain. Bien que ce dernier conserve de nombreux atouts et qu’il reste risqué de parier contre lui, nous continuons à y consacrer une part de nos portefeuilles.
Nous sommes toutefois convaincus que la diversification restera une stratégie gagnante en 2026. Nous vous invitons dès lors à vous inspirer de nos portefeuilles de fonds.
L’année 2025 a été particulièrement atypique. Contrairement à ce que l’on observait les années précédentes, les marchés d’actions américains ont affiché des performances plus limitées que de nombreux autres marchés. La question se pose donc naturellement : que peut-on attendre de 2026 et, surtout, où se situeront les moteurs de croissance ? Voici notre scénario.
Le début de la décennie a été marqué par une forte hausse des taux d’intérêt, décidée par les banques centrales pour freiner une inflation devenue excessive. Cette phase a ensuite laissé place à une baisse progressive des taux directeurs. Toutefois, cette détente monétaire ne s’est que partiellement répercutée sur les marchés obligataires, où les rendements se sont stabilisés à des niveaux encore relativement élevés.
Cette situation pourrait se prolonger. L’endettement public et privé continue d’augmenter dans de nombreuses régions du monde, et des interrogations subsistent quant à la capacité des États et des entreprises à financer durablement cette dette. Ces préoccupations contribuent à maintenir une certaine prudence sur les marchés obligataires.
En 2026, les banques centrales devraient adopter une attitude plus attentiste. La Banque centrale européenne se montre globalement satisfaite du niveau actuel des taux d’intérêt. Elle met surtout en avant les faiblesses structurelles du marché unique européen, encore incomplet à bien des égards, comme principal frein à une croissance qui restera probablement modérée.
Aux États-Unis, la Réserve fédérale anticipe également peu de baisses de taux. Même si le remplacement attendu de Jerome Powell pourrait légèrement modifier l’équilibre interne du comité de politique monétaire, il ne faut pas s’attendre à un changement radical d’orientation. D’autant plus que les marchés obligataires réagiraient très négativement si la Fed devait s’écarter de ses objectifs pour soutenir excessivement l’activité économique.
Dans ce contexte, nous anticipons pour 2026 une politique monétaire globalement stable et des rendements obligataires peu volatils.
En Europe, la croissance attendue pour 2026, et probablement aussi pour 2027, devrait rester proche de celle observée en 2025. Peu d’avancées concrètes ont été réalisées depuis 2024, malgré le rapport Draghi qui proposait des pistes ambitieuses pour renforcer la compétitivité du continent. La croissance européenne demeure donc modeste.
Les attentes se concentrent en grande partie sur l’Allemagne, où une politique budgétaire plus expansionniste pourrait, en théorie, donner un nouvel élan à l’économie européenne. Dans la pratique, comme par le passé, une part importante des fonds mobilisés risque toutefois de se perdre dans les lourdeurs administratives. L’impact sur l’économie allemande pourrait donc être limité, et les retombées pour le reste de l’Europe encore plus faibles.
Certains pays du Sud de l’Europe devraient néanmoins afficher un dynamisme supérieur à la moyenne. L’Italie bénéficie des réformes engagées ces dernières années et d’un regain de confiance des investisseurs. La péninsule Ibérique suit une trajectoire similaire : l’Espagne et le Portugal profitent d’une énergie nettement moins chère que dans le reste de l’Europe et de flux migratoires importants, deux facteurs qui soutiennent leur croissance.
Les États-Unis abordent 2026 dans un contexte très différent. Le dernier chiffre de croissance disponible fait état d’une progression de 4,3% au troisième trimestre. Malgré un climat politique clivant, plusieurs mesures ont été rapidement mises en œuvre : réforme fiscale, allègement du cadre réglementaire pour certains secteurs et politique visant à garantir une énergie abondante et bon marché, essentielle à la compétitivité industrielle.
L’instauration de droits de douane à grande échelle a incité de nombreuses entreprises étrangères à investir directement sur le sol américain. Parallèlement, l’administration défend fermement les grandes entreprises nationales, considérées comme essentielles pour préserver le leadership technologique du pays.
Le marché américain, fortement dominé par les valeurs liées à l’intelligence artificielle, a toutefois été pénalisé par des doutes quant à la capacité de ces entreprises à générer des bénéfices durables. Ces interrogations devraient encore peser en 2026. Néanmoins, dans un environnement économique globalement favorable, les entreprises américaines devraient continuer à afficher des résultats solides. La majorité des analystes anticipe ainsi une hausse des marchés actions américains en 2026, une prévision difficile à contester.
En dehors de l’Europe occidentale et des États-Unis, nos investissements privilégient les marchés disposant d’une demande intérieure robuste.
La Pologne en est un bon exemple. Le pays bénéficie du retour de nombreux ressortissants, souvent entrepreneurs et hautement qualifiés, ce qui soutient à la fois l’investissement et la consommation. Avec un crédit devenu plus accessible, un niveau d’investissement élevé et une position stratégique en cas de résolution du conflit ukrainien, la Pologne s’impose comme une véritable exception en Europe et figure dans l’ensemble de nos portefeuilles.
L’Inde et l’Indonésie ont connu une année 2025 décevante. Ces deux grandes économies asiatiques cherchent à maintenir une position neutre entre les États-Unis, la Chine et la Russie, un exercice d’équilibre complexe. Malgré cela, leurs perspectives restent très prometteuses et un rebond marqué en 2026 n’est pas exclu, notamment si leurs relations commerciales avec les États-Unis s’améliorent.
Le Mexique continue de tirer parti de l’USMCA, l’accord commercial qui le lie aux États-Unis et au Canada, et s’impose comme une alternative crédible aux producteurs asiatiques. Malgré les tensions politiques, le pays a su préserver sa dynamique en 2025 et devrait poursuivre sur cette voie en 2026.
Le Brésil a également enregistré de bonnes performances, malgré des relations parfois compliquées avec Washington. Toutefois, l’élection présidentielle prévue en octobre 2026 introduit une forte incertitude. Ce marché plus risqué est réservé aux portefeuilles les plus dynamiques, tout comme la Turquie. Malgré une normalisation progressive de sa politique économique et monétaire, ce pays reste exposé à de fortes fluctuations liées à des facteurs externes.
La Chine constitue une exception. Le pays a profondément modifié son modèle de croissance, en réduisant sa dépendance à l’immobilier au profit de l’ingénierie et de l’industrie. Malgré cela, la demande intérieure reste faible. Jusqu’à présent, le reste du monde a absorbé des exportations chinoises record, mais il sera difficile de maintenir ce rythme indéfiniment.
La Chine devrait donc renforcer ses mesures de soutien à la consommation intérieure. De nouvelles initiatives sont attendues. Présent dans tous nos portefeuilles, le marché chinois devrait bénéficier de cette évolution.
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