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L’art est-il un bon placement ? il y a 6 mois - jeudi 30 mars 2017
Faut-il inclure dans un portefeuille quelques œuvres d’art, dont certaines atteignent des montants record ?
L’art est-il un bon placement ?

L’art est-il un bon placement ?

En tout cas pas dans un portefeuille de bon père de famille. Le rendement est trop dépendant d’effets de mode. En outre, parmi les 70 fonds investis dans l’art, 50 sont uniquement disponibles en Chine. Et les autres ne sont pas à la portée de tous : il faut au moins 125 000 EUR pour détenir Anthea 1 Contemporary Art Investment Fund, 75 000 EUR pour Art Photography Fund et 500 000 USD pour Fine Arts Fund.
Investir en direct dans des timbres, des livres, du vin etc… est envisageable, mais si le sujet vous passionne et que vous vous faites aider par un expert.

Succès croissant

Depuis plusieurs années, bien avant la crise financière, le marché de l’art connaît un développement rapide en tant qu’outil d’investissement. Selon les fonds, les banques privées et les particuliers qui y investissent, acheter de l’art permet de diversifier un patrimoine et de trouver un supplément de rendement. L’art est le dernier grand actif d’investissement déréglementé. Pour l’heure, pas moins de 36% des gestionnaires de fortune affirment s’attendre à augmenter leurs investissements dans les collections (contre 26% il y a 10 ans).

Prix en hausse

Le marché de l’art est un marché particulier où la connaissance est longue à acquérir et l’offre de biens limitée. Cette dernière caractéristique est centrale puisqu’elle est à la base de la hausse du prix de nombreuses œuvres. Car, par définition, les œuvres de grands artistes n’existent qu’en nombre limité.
La demande s’est quant à elle largement développée ces dernières années, suite à l’apparition de nouveaux acheteurs, venus de Russie, du Moyen-Orient ou de la Chine, et qui cherchent rendement, sécurité, prestige et reconnaissance. Ces acheteurs ne sont toutefois pas que privés. On y trouve aussi des institutionnels. Les nouveaux musées ouvrant dans le monde (Louvre et Guggenheim à Abu Dhabi, New Tate Modern à Londres, Fondation Louis Vuitton à Paris...) ont besoin de grandes œuvres contemporaines ou modernes pour attirer les visiteurs et rentabiliser les infrastructures. Ce sont eux qui ont fait monter les prix pour les œuvres d’après-guerre et contemporaines.

Prix peu clair

Si le marché de l’art répond donc aussi à la loi de l’offre et de la demande, il n’est pourtant pas comparable aux marchés des actions ou des obligations. En effet, aucune donnée objective (bénéfice, dividende, stratégie etc…) ne permet de donner un prix à une œuvre d’art. Et la formation de ce prix risque de rester encore longtemps aussi mystérieuse que le sourire de Mona Lisa. Le prix d'une œuvre est celui auquel le vendeur est prêt à laisser partir la pièce et celui que l’acheteur est prêt à mettre pour l’acquérir.

Quel rendement ?

La rentabilité d’un investissement dans les tableaux semble plus volatile que la Bourse et être peu corrélée à celle de la Bourse. Sur le long terme, l’art (3%) est moins rentable que l’indice boursier américain S&P 500 (9%).

Risques

L’évolution des prix des œuvres lors de ventes privées ou de ventes aux enchères est opaque. Cette opacité est d’ailleurs parfois recherchée par certains patrimoines. Le risque est donc grand de voir des manipulations de prix organisées par certains initiés ou participants peu scrupuleux. Signalons aussi que beaucoup de ventes se font sans publicité, de particulier à particulier. La cote d’un artiste et le prix de ses œuvres peuvent donc chuter avant qu’un particulier moins averti s’en aperçoive.

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