Analyse
Nouvelles obligations il y a 7 ans - lundi 30 août 2010

Parmi les nouvelles émissions cette semaine, les nouveaux emprunts de BNP Paribas Fortis en dollar australien et de TotalFinaElf Capital en dollar néo-zélandais ont retenu notre attention.

Dollar australien : à titre de diversification

BNP Paribas Fortis émet un nouvel emprunt en dollar australien (AUD). D’une durée de cinq ans, cet emprunt offre un coupon brut de 6,25 %. Compte tenu du prix d’émission (101,88 %) et du précompte mobilier (actuellement 15 %), le rendement net s’établit à 4,88 %. Un rendement élevé en comparaison avec celui affiché par les emprunts d’Etat australiens de même durée (3,85 % net), mais c’est le prix à payer par l’émetteur – qui a difficilement traversé la crise financière – s’il veut convaincre les investisseurs de lui prêter de l’argent. De notre côté, le risque de faillite de BNP Paribas Fortis s’est éloigné. Par prudence toutefois, il convient d’en limiter le poids en portefeuille à maximum 5 %, un conseil qui vaut d’ailleurs pour tous les émetteurs. Vous pouvez donc souscrire, en tenant compte de cette limite. Veillez aussi à ce que le poids du dollar australien, devenu cher face à l’euro ne dépasse pas 5 %.


Dollar néo-zélandais : cher mais attractif

Après une nouvelle émission en dollar canadien fin août, TotalFinaElf Capital, la branche financière du groupe pétrolier, émet cette fois un nouvel emprunt en dollar néo-zélandais (NZD). D’une durée de quatre ans, cet emprunt propose un rendement net de 3,75 %. Vous pouvez souscrire, en raison du rendement attractif proposé. Tenez toutefois compte de la cherté de la devise face à l’euro, après son envolée de près de 40 % depuis début 2009, sur fond d’amélioration de la situation économique en Nouvelle-Zélande. Toutefois, comme un peu partout dans le monde, des interrogations se posent sur la poursuite de cette embellie. En conséquence, nous tablons sur une timide et très graduelle poursuite de la hausse des taux directeurs. De quoi freiner l’ascension du dollar kiwi, mais nous ne nous attendons pas non plus à ce qu’il baisse dans l’immédiat. Nous misons plutôt sur une stabilisation à son niveau actuel. En résumé, si le dollar néo-zélandais est surévalué, il mérite néanmoins, du fait des taux d’intérêt plus élevés, encore une petite place dans votre portefeuille, à titre de diversification (entre 5 et 10 %).


Ne souscrivez pas

• RCI Banque, détenu à 100 % par le groupe Renault, et spécialisée dans les financements et services automobiles des réseaux du groupe, émet un nouvel emprunt en euro (EUR) offrant à deux ans un rendement net de 2,45 %. Compte tenu de la faible qualité de crédit de l’émetteur – les difficultés dans le secteur automobile pèsent sur la rentabilité –, nous vous conseillons de passer votre chemin, d’autant plus que le rendement offert n’est guère plus séduisant qu’un bon compte d’épargne.
• La banque des communes danoise, KommuneKrediet, dispose par contre d’une excellente réputation financière. Pourtant, nous ne sommes pas séduits par son nouvel emprunt en dollar américain (USD) offrant à trois ans un rendement net de 1,17 %. C’est très faible, dans une devise qui pourrait en outre pâtir à l’avenir du mauvais état des finances publiques aux Etats-Unis. N’achetez pas.
• Evitez aussi l’emprunt de Rabobank Nederland en rand sud-africain (ZAR), qui offre 5,91 % net à quatre ans. Insuffisant pour compenser la volatilité d’une devise largement tributaire de l’humeur des marchés, tandis que le potentiel du pays nous apparaît limité.

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