Analyse
Des dollars australiens vendus trop tôt ? il y a 6 ans - jeudi 5 mai 2011

Nous vous avons conseillé il y a plusieurs mois de vendre les obligations en dollar australien. A présent, la devise australienne progresse encore face à l’euro. Avons-nous vendu trop tôt ?

Planquer les bénéfices

Il est exact que, début octobre 2010, nous avons décidé de vendre les obligations et les sicav d’obligations en dollar australien, parce que nous considérions que la devise australienne était devenue chère par rapport à l’euro. En l’espace de deux ans, le dollar kangourou avait en effet grimpé de presque 50 % par rapport à notre devise et nous ne tablions pas sur la poursuite de cette marche en avant. Nous préférions conseiller de mettre en sécurité les bénéfices déjà réalisés. La hausse actuelle du dollar australien ne modifie pas notre conseil.

Les raisons de la hausse

Si le dollar australien s’est déprécié face à l’euro début 2011, il est vrai qu’il repart depuis quelques semaines à la hausse, au point de dépasser aujourd’hui le niveau auquel nous l’avions vendu (de 3 à 4 %). Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène.

 

C’’est tout d’abord suite à la hausse persistante des prix des matières premières, dont l’Australie est un important producteur. L’Australie étant en outre dans le sillage des deux ogres du moment, la Chine et l’Inde, les investissements dans le secteur minier sont légion.

Ensuite, l’inflation est à nouveau en hausse en Australie (la hausse du prix des matières premières n’est pas étrangère au phénomène) et il semble que la banque centrale envisage de nouvelles hausses de taux. Le taux directeur est actuellement de 4,75 %, soit assez élevé pour un pays industrialisé. Il attire les investisseurs en quête de rendement et n’a plus été relevé depuis novembre 2010.

La devise profite en outre du retour du carry trade (contracter des emprunts dans des devises offrant de faibles rendements pour placer les sommes empruntées dans des devises offrant un rendement élevé) et d’un retour du goût du risque. Les investisseurs sont à nouveau prêts à relever des défis et se dirigent vers les rendements les plus élevés.

Devise chère. Vendez

La hausse actuelle du dollar australien ne change en rien notre conseil de vente. Au contraire. La devise kangourou est ainsi devenue plus chère encore par rapport à l’euro. La Deutsche Bank écrivait d’ailleurs encore dans un récent rapport que le dollar australien était une des devises les plus surévaluées au monde. Nous restons dés lors résolument sur nos positions : vendez.

Nous sommes d’avis que toutes les nouvelles favorables au dollar australien sont largement intégrées dans son cours et qu’à la moindre anicroche, le dollar pourrait en essuyer les revers. Que va-t-il en effet se passer si l’inflation s’emballe en Chine et dans les autres pays émergents et qu’on on appuie lourdement sur le frein monétaire, réduisant ainsi la demande de matières premières ? Le potentiel de hausse du dollar australien étant quasi nul et son risque de baisse plutôt prononcé, nous répétons qu’il nous semble préférable de sécuriser les bénéfices obtenus sur cette devise.

Bien entendu, on ne peut exclure qu’à court terme, le dollar australien s’apprécie encore légèrement. Comme pour tout investissement, le timing parfait (acheter au plus bas et vendre au plus haut) n’existe pas.

 

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