Analyse
Obligations argentines : attendre… il y a 5 ans - jeudi 2 février 2012

Un lecteur nous interroge : « je détiens toujours sous forme matérielle des obligations de l’Etat argentin, émises en 1995 en mark allemand et dont l’échéance était prévue le 14 novembre 2002. Mais depuis 2001, elles sont en défaut de paiement. En 2005, suite à votre conseil, j’ai refusé une offre trop chiche de l’Etat argentin. Que faut-il faire à présent ? ». Nous répondons…

Crise économique

Au début de ce siècle, l’Argentine a sombré dans une profonde crise économique. Une crise si grave que l’Etat a dû s’abstenir de payer les intérêts et de rembourser ses emprunts. C’est donc depuis lors que votre obligation (code ISIN DE0001300200) est effectivement en défaut de paiement. A noter que nous n’avions jamais conseillé ce titre, mais que des investisseurs audacieux s’étaient évidemment laisser séduire par le très attrayant coupon de 10,5 %.
A deux reprises, en 2005 et 2010, l’Etat argentin a fait des propositions de règlement, sous la pression notamment d’investisseurs américains et italiens. Mais à chaque fois, l’offre était peu alléchante : 20 à 25 % du capital initial pouvait être remboursé. Les Argentins ont tenté de mettre la pression, en prétendant qu’il s’agissait d’une offre ultime. Mais en 2005 comme en 2010, nous avons effectivement conseillé de refuser l’offre.

 

Pression constante

Vu que vous n’avez pas répondu aux précédentes offres de l’Etat argentin, il n’y a pour l’heure aucune autre alternative que d’attendre. Certes, le titre est coté sur le marché secondaire, mais les transactions y sont rarissimes et le cours indicatif oscille autour de 20 %. Vous ne pouvez que vous contenter d’espérer que la pression qui existe sur le gouvernement argentin portera finalement ses fruits. Elle est exercée de manière constante par l’organisation américaine ATFA (www.atfa.org), qui défend les intérêts des détenteurs américains lésés, ainsi que par l’organisation italienne TFA (www.tfargentina.it). Mais le résultat dépendra bien sûr de l’évolution de l’économie argentine. Si, ces prochaines années, le pays se redresse complètement et dispose d’assez de réserves, il est probable que la nation tentera de redorer son blason, en apurant ses dettes (comme la Russie, qui s’était aussi rendue coupable de défaut de paiement auparavant, a eu à cœur de le faire au début de ce siècle).

 

Illusions ?

Il ne faut pas totalement désespérer, mais il faudra sans doute une bonne dose de patience. Enfin, nous vous conseillons de déposer ces obligations sur un compte-titres, afin d’être averti automatiquement de toute nouvelle les concernant et ne pas risquer de manquer une nouvelle offre.

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