Analyse
Couronne norvégienne : pourquoi ne pas acheter ? il y a 5 ans - mardi 20 mars 2012

La couronne norvégienne se porte à merveille ces derniers temps. Qu’est-ce qui explique la force de cette devise et pourquoi ne la conseillons-nous pas ?

Prix du baril

La couronne norvégienne (NOK) assure effectivement un assez beau parcours depuis le début de cette année : elle s’est appréciée de 4 % par rapport à l’euro. Divers éléments sont à l’origine de cette bonne forme de la devise scandinave. A commencer par le prix du pétrole. Ces dernières semaines, le prix du Brent a battu quelques nouveaux records, ce qui a profité directement à la NOK sur le marché des changes. Lorsque, sur base hebdomadaire, le prix du pétrole grimpe, dans 60 à 80 % des cas, sur la même période, la devise norvégienne s’apprécie également. Le prix du pétrole est un facteur très important pour la Norvège, dont la production d’or noir, bien qu’en baisse constante, reste la sixième mondiale.

Valeur refuge

Beaucoup d’investisseurs considèrent également la devise norvégienne comme un havre de paix où s’abriter en attendant des jours meilleurs. Il faut dire que le pays bénéficie d’un endettement peu élevé, ne souffre d’aucun problème budgétaire et dispose de solides réserves. Des arguments de poids dans une Europe qui chavire sous d’énormes dettes et a bien du mal à maintenir ses budgets en équilibre.

 

Il ne faut en outre pas perdre de vue que la NOK ne joue qu’un rôle limité sur les marchés de change internationaux. Au niveau mondial, les échanges de NOK comptent pour à peine un peu plus d’un pour cent. Cela signifie qu’il suffit d’un petit accroissement de la demande pour faire grimper le cours de la devise.  Toutefois, la force récente de la NOK s’est avérée telle qu’elle a inquiété la banque centrale norvégienne, laquelle a créé la surprise en réduisant son taux directeur de 25 points, à 1,5 %.

Surévaluée

Suite à sa récente hausse, nous considérons que la couronne norvégienne est d’autant plus surévaluée qu’auparavant et est particulièrement chère face à l’euro. Son potentiel de hausse est plus limité que jamais et le risque de la voir baisser augmente sans cesse. Si la récession en Europe et le ralentissement économique mondial devaient être plus graves que prévu, le prix du pétrole pourrait reprendre un mauvais coup, ce qui pèserait inévitablement sur la couronne norvégienne. De plus, la banque centrale norvégienne n’a pas dit son dernier mot. Elle fera tout pour refroidir l’ardeur actuelle de sa devise. Le fonds de réserve des autorités, riche de quelques 540 milliards de dollars, participera à la manoeuvre, en convertissant davantage les revenus du commerce du pétrole dans des devises étrangères.

Nous sommes dès lors d’avis que la couronne norvégienne ne s’appréciera plus. Nous préférons vous orienter vers la couronne suédoise, dans laquelle nous vous conseillons d’investir au travers de sicav d’obligations et notamment de KBC Renta Sekarenta, ou encore vers le dollar canadien (via KBC Renta Canarenta) ou le zloty polonais (via KBC Renta Zlotyrenta).

 

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