Analyse
Centurion Vastgoed : rendement élevé = risque élevé il y a 5 ans - mardi 17 juillet 2012

La société d’investissements néerlandaise Centurion Vastgoed, spécialisée dans l’investissement immobilier dans les pays émergents, et notamment au Costa Rica, propose régulièrement des obligations à 7 ou 8 %. Intéressant ?

Des propositions de placement à un taux beaucoup plus élevé que la moyenne du marché cachent inévitablement quelque chose.

 

A l’heure actuelle, les sociétés privées qui bénéficient d’une situation financière sans reproche offrent sur une durée d’environ 5 ans des taux ne dépassant pas 4 à 4,5 % brut (soit 3 à 3,5 % net). Si une société offre davantage, c’est qu’il y a anguille sous roche, que sa situation financière est telle que le risque de défaut de paiement des intérêts, et de remboursement du capital, n’est pas à négliger.

 

Face à une société qui offre le double de la moyenne du marché, il faut immédiatement dire stop ! Les raisons pour lesquelles elle offre autant peuvent être diverses, mais seront toutes susceptibles de décourager un tel placement.
Certes, Centurion a déjà prouvé sa capacité à faire face à ses obligations financière (ses trois dernières obligations, à 8,4 %, 8 % et 7,8 % brut ont été remboursées de manière anticipée). Mais, premier danger, la société ne bénéficie pas de l’agrément de la “Nederlandse Autoriteit Financiële Markten” (l’organisme de controle néerlandais, l’équivalent de notre FSMA). En outre, investir au Costa Rica n’est pas sans risque. Même si le pays peut être considéré comme stable et prospère, la visibilité réelle que nous avons sur la nation est très limitée : pas facile d’évaluer le marché immobilier local ni la qualité et le succès des investissements que Centurion y réalise.

 

Nous comprenons que, face à la baisse généralisée des taux des comptes d’épargne, à la faiblesse de ceux des obligations sûres et au risque des actions, l’épargnant soit tenté de lorgner vers des alternatives plus alléchantes. Mais c’est là qu’est tout le danger.
Laissez les propositions trop séduisantes pour ce qu’elles sont. Le risque d’y perdre des plumes est beaucoup trop important.

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