Analyse
Obligations d’Etat espagnoles : le seuil critique de 7 % il y a 5 ans - mardi 17 juillet 2012

La piètre santé financière de l’Espagne et son retentissement médiatique ont poussé les taux d’intérêt sur les emprunts de l’Etat espagnol à 10 ans au niveau critique de 7 %.

Plus de moyens

Quand le taux des emprunts d’Etat d’un pays atteint 7 %, le pays doit payer sur ces emprunts des intérêts trop élevés, le coût de ces emprunts devient trop lourd et de moins en moins d’investisseurs acceptent de lui confier leur argent. Il ne récolte plus suffisamment de moyens et le remboursement de sa dette devient de plus en plus difficile. Le seuil des 7 % est dès lors considéré comme le niveau à partir duquel, sans aide extérieure, le pays risque de sombrer dans le précipice.

 

Plan de sauvetage

Lorsque le taux des emprunts d’Etat espagnols a dépassé les 7 %, la sonnette d’alarme a été actionnée. Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis pour finaliser le plan de sauvetage du secteur bancaire. Fin juillet, une tranche de 30 milliards d’euros (sur les 100 milliards prévus) sera affectée directement à la dette publique (sans rien changer fondamentalement donc à la situation critique du pays). Cela a néanmoins permis aux marchés de respirer et le taux espagnol est retombé sous le seuil de danger (à 6,8 % puis à 6,5 %). Bientôt, le Mécanisme européen de stabilité (MES), avec ses compétences étendues, pourra subvenir directement aux banques et acheter directement des obligations d’Etat sur le marché. Mais toutes les dispositions légales permettant ce rôle ne sont pas encore en place et la banque centrale européenne (BCE) doit d’abord assumer le rôle de chien de garde du secteur bancaire européen (sans doute pas possible avant fin 2012).

 

Tenir à l’oeil

L’Espagne n’est pas encore à l’abri du danger. Si ses taux remontent à 7 %, une aide d’urgence n’est pas à exclure. Et ce danger de voir les taux remonter n’est pas totalement éloigné. Car les investisseurs étrangers, en dépit de toutes les promesses, délaissent toujours le pays. Quant aux banques espagnoles, elles accumulent les pertes suite à l’éclatement de la bulle immobilière et ont dans leur bilan pas mal d’emprunts d’Etat espagnols.
L’Espagne n’est pas le seul pays à se trouver dans la zone de danger. L’Italie est à la limite de devoir demander l’aide européenne. Le taux sur les emprunts d’Etat italiens est récemment monté à 6,2 %. Cela reste relativement sécurisant, mais les expériences récentes nous ont appris que les choses peuvent très vite se dégrader.

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