Analyse
L’Etat rembourse moins qu’il n’emprunte. Une aubaine ? il y a 5 ans - mercredi 7 novembre 2012

A l’heure actuelle, l’Etat belge peut se permettre d’emprunter à court terme à taux négatif (il rembourse moins que ce qu’il n’a emprunté). N’aurait-il dès lors pas intérêt à ne contracter que des dettes à court terme, pour tirer le meilleur parti de cette gratuité ?

Non. L’Etat doit maintenir à sa dette une suffisante diversification et éviter d’être trop dépendant des taux à court termes, qui peuvent toujours redécoller.

 

Jamais aussi peu élevé

Depuis juillet, l’Etat belge a pu contracter divers emprunts (de maximum un an) à des taux négatifs. Les investisseurs (institutionnels) qui prêtent à l’Etat ne perçoivent aucun intérêt et récupèrent au contraire à l’échéance un montant un peu moins élevé que le capital prêté. Cette situation paradoxale est une conséquence de la crise de la dette de la zone euro, qui a partagé les Etats membres en deux camps : les débiteurs sûrs et les risqués. Les investisseurs fuient les débiteurs risqués et se réfugient auprès des débiteurs sûrs, qui peuvent dès lors se permettre d’emprunter à des conditions exceptionnelles, en échange de la sécurité qu’ils offrent.

Sur les emprunts à plus long terme, le taux négatif n’est pas de mise, car on ne peut évidemment prévoir ce qui se passera à plus longue échéance et se permettre de prêter pour plus longtemps sans rendement. Mais, même pour les périodes plus longues, l’Etat belge bénéficie de conditions favorables. Le taux actuel de l’emprunt à 10 ans est d’à peine 2,5 %, le niveau le plus bas qu’il ait jamais connu.

 

Répartir

C’est l’Agence de la Dette qui gère les crédits de l’Etat et émet les emprunts. Son objectif est d’assurer à la dette un coût aussi peu élevé que possible et une bonne diversification. Et c’est au nom de cette diversification qu’elle ne concentre pas uniquement ses emprunts sur le court terme. Car cela rendrait l’Etat trop dépendant des évènements à court terme. On ne peut en effet exclure que d’ici quelques mois, pour l’une ou l’autre raison, le taux sur les emprunts de l’Etat belge connaisse une subite remontée et que l’Etat soit alors contraint de se refinancer en grande partie à des taux devenus très élevés.

Bien sûr, le Trésor belge fait tout ce qui est possible et raisonnable pour profiter du taux négatif. Il emprunte plus qu’il n’a besoin, pour récupérer des fonds et rembourser de manière anticipée des obligations dont l’échéance était prévue en 2013 et sur lesquelles il paie un intérêt élevé.


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