Analyse
Faut-il se laisser séduire par les trackers d’obligations sécurisées ? il y a 4 ans - jeudi 14 mars 2013

Les trackers d’obligations sécurisées attirent les investisseurs en quête de sécurité.

NE VOUS LAISSEZ PAS SÉDUIRE.
Cette sécurité se paie cash. Et même si elle ressemble à un double parachute, elle ne vous protégera pas contre le risque de la remontée des taux d’intérêt.

 

Les obligations sécurisées, alias covered bonds et pfandbrieven, sont émises par des institutions financières qui y ajoutent une garantie supplémentaire. En cas de faillite de l’émetteur, le détenteur de l’obligation bénéficie d’un double parachute : il peut se rabattre sur un portefeuille de crédits de première qualité (emprunts hypothécaires et crédits au secteur public) et il est en tête de la liste des créanciers. Le détenteur d’une obligation sécurisée est donc quasi sûr de toucher son coupon chaque année et d’être remboursé à l’échéance.
Ainsi, les obligations sécurisées émises en leur temps par les banques islandaise Kaupthing et britannique Northern Rock, tombées depuis, paient toujours leurs coupons.

 

Il n’est cependant pas possible d’acheter directement des obligations sécurisées chez nous. Le particulier doit obligatoirement passer par un organisme de placement collectif, en l’occurrence les trackers iShares Markit iBoxx Euro Covered Bond (IE00B3B8Q275) et Lyxor ETF EuroMTS Covered Bond A (FR0010481127), dont le portefeuille comprend surtout des émissions d’institutions financières françaises et espagnoles.

 

Mais la double sécurité se paie deux fois (p.ex. les obligations sécurisées de Belfius et de KBC ne donnent qu’un rendement brut de 1 % sur 5 ans).
De tels taux, historiquement très bas, recèlent un danger : si les taux remontent légèrement ces prochaines années (ce que nous prévoyons), cela va peser sur les cours des obligations existantes, donc sur la valeur d’inventaire des trackers. Et le double parachute ne sera plus d’aucun usage.

Partagez cet article