Analyse
Euro-obligations : plus besoin ? il y a 4 ans - mercredi 19 juin 2013

Il a été question, voici quelque temps, d'émettre des euro-obligations pour aider les pays de la zone euro dits de la périphérie. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Avant

Avant la crise de 2008-2009, tout allait pour le mieux. Les taux sur les titres à 10 ans des pays de la zone euro étaient quasi uniformes (la différence entre les taux grecs et allemands n'était que de 0,23 %). Le risque et le rendement étaient les mêmes et peu importait le pays dont on achetait des titres. On croyait que l'unification financière, l'introduction de critères de convergence et l'euro finiraient par mettre tous les pays au même niveau sur le plan économique.

La crise

Lorsque la crise de la dette européenne a éclaté, les taux des titres d'Etats se sont envolés dans plusieurs pays (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie). Fin 2011 et début 2012, il est devenu quasi impossible pour ces pays d'émettre des obligations et de trouver des investisseurs. D'où l'idée alors d'émettre des titres dont l'Europe aurait été l’émetteur (euro-obligations ou eurobonds). Les pays forts étant censés soutenir ces titres, les taux des pays en difficulté devaient diminuer, le problème de financement se dissiper et la crise de la dette européenne disparaître. Mais les pays solides n'étaient guère pour ces obligations, qui auraient renchéri leurs propres financements.

 

Et depuis que le sentiment de l'opinion publique s'est fait négatif par rapport aux ‘actions de sauvetage’ et que les partis politiques opposés à l'UE gagnent du terrain, la volonté politique pour ces eurobonds fait encore plus défaut.

 

Moins besoin

Dans le même temps toutefois, le besoin de ces obligations s'est fait moins fort. La crise de la dette dans la zone euro est passée au second plan (pour combien de temps ?) et les taux de plusieurs pays en difficultés ont reculé depuis le début de l'année.

 

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