Analyse
Qui investit à taux négatif ? il y a 2 ans - mercredi 24 septembre 2014

Plusieurs emprunts d’Etat ont été émis ces derniers mois à un taux négatif. Qui peut donc bien participer à de telles émissions qui coûtent de l’argent ?

Payer pour investir

Tout récemment, un emprunt d’Etat allemand à 2 ans a été émis à un taux négatif de 0,07 %. Même chose les semaines précédentes avec des emprunts d’Etat d’une durée identique en Belgique, aux Pays-Bas, en Autriche, en Finlande et même en Irlande, un pays qui avait encore reçu le soutien de l’Europe voici quelques années pour garder la tête hors de l’eau.
Concrètement, un taux négatif de 0,01 % signifie que lorsqu’un investisseur investit 1 000 EUR dans une obligation à 1 an, il en récupérera 999,9 à l’échéance. Autrement dit, il faut payer pour investir.

 

Institutionnels

Malgré les taux négatifs, chaque emprunt permet aux pays émetteurs de lever des millions d’euros. Les investisseurs institutionnels (banques, assureurs, fonds de pension…) continuent à participer sans relâche à ces émissions. Ils disposent de très importantes liquidités pour lesquelles ils recherchent une destination "sûre" et les obligations des meilleurs pays de la zone euro sont considérées comme extrêmement sûres. L’investisseur institutionnel perd donc certes un peu, mais a aussi la certitude de récupérer la quasi-totalité de sa mise. D’autant que de nombreuses alternatives ont aujourd’hui disparu, surtout depuis que le fait de déposer de l’argent auprès de la Banque centrale européenne coûte aussi de l’argent…
Les particuliers n’investissent pas dans de tels produits. Ils peuvent en effet toujours placer leur argent sur des comptes d’épargne garantis à hauteur de 100 000 euros par personne et par banque.

 

Autres raisons

D’autres raisons peuvent toutefois aussi expliquer pourquoi les institutionnels investissent à taux négatif. Même si cela n’est pas clairement avoué, il existe ainsi toujours une certaine méfiance en vertu de laquelle une banque préférera ne pas confier d’argent à une autre, même à un taux positif. Ensuite, il existe aussi des institutionnels qui tiennent compte d’un environnement déflationniste dans la zone euro (inflation négative). La faiblesse de l’économie donne en effet à réfléchir. Si le chiffre de la déflation devait être plus élevé que le taux négatif, ils enregistreraient alors, en termes réels, un rendement… positif.

 

Partagez cet article