Analyse
Fuyez les obligations européennes ! il y a 2 ans - mercredi 15 avril 2015

La BCE a entamé en mars son programme d’achat d‘actifs financiers. Avec quel impact ?

L’opération semble promettre de beaux résultats. Mais, pour l’heure, elle comprime à ce point les taux que pour le particulier, tout investissement dans une obligation de la zone euro n’aurait aucun sens.
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Au 31/03, la BCE avait acheté des obligations d’Etats pour 47,36 milliards, dont 11,06 de titres allemands, 8,75 de titres français et 1,53 de dette belge.

 

Réussie d’un point de vue technique, l’opération semble l’être aussi sur un plan économique. En affaiblissant l’euro, les injections de liquidités accentuent le coût des importations, pétrole en tête, et évitent une spirale déflationniste, objectif avoué. Cette dépréciation de l’euro est en outre bienvenue pour les entreprises exportatrices et améliore le sentiment économique des industriels. L’action de la BCE a donc provoqué un choc salutaire. Le moral de l’ensemble des acteurs économiques s’est redressé, les investisseurs ont retrouvé le sourire et les Bourses s’envolent.
Au niveau de l’économie réelle, il semblerait que le crédit aux entreprises et aux ménages, déprimé ces dernières années, soit en hausse. De quoi laisser augurer une reprise de la consommation des ménages, des investissements des entreprises et de l’activité économique européenne. Il est vrai que les taux n’ont jamais été aussi faibles. L’Italie et l’Espagne se financent à un peu plus de 1 % à dix ans, la France et la Belgique à moins de 0,5 % et l’Allemagne à 0 % ou presque. Mieux, la Suisse a émis une obligation à 10 ans assortie d’un taux de - 0,055 % !
Pour une banque qui place ses dépôts avec une pénalité de -0,2 % auprès de la BCE ou -0,75 % auprès de la Banque nationale suisse, une obligation à taux négatif mais supérieur à ces seuils peut avoir du sens. Pour l’investisseur particulier par contre, les taux sont trop faibles pour investir dans l’obligataire européen.

 

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