Analyse
Obligations à coupons élevés : méfiance ? il y a 2 ans - mardi 9 juin 2015

Certaines obligations offrent encore de généreux coupons. Piège à éviter ou occasion à saisir ?

Les taux sont faibles (bon d’Etat belge à 10 ans: 0,60 % net !). Pourtant, on trouve des obligations existantes avec de généreux coupons, même en euro ! Mais y investir y est rarement une bonne idée, comme le montrent les exemples ci-dessous. Vérifiez toujours la solidité de l’émetteur avant d’acheter. Au besoin, consultez nous au 02 542 33 50 ou sur Facebook.
Vous verrez qu’il est actuellement rare de trouver une obligation intéressante. Pour l’épargne sans risque à long terme, prenez
une bonne assurance-épargne; si le risque ne vous effraie pas, un portefeuille diversifié de fonds fera l’affaire.

 

Trop risqué

La compagnie aérienne allemande airberlin propose une obligation à 6,75 % brut arrivant à échéance le 09/05/2019. Vu qu’on peut l’acheter à ±86 %, son rendement net est proche de 9,44 %. Mais le risque est à l’avenant. airberlin a perdu de l’argent ces cinq dernières années, y compris au 1er trimestre 2015. Son président vient de déclarer que le groupe n’avait plus qu’une seule chance pour se redresser. Dans la foulée, le cours de l’obligation s’est effondré (à 86 %), signe que les investisseurs doutent de la capacité d’airberlin à rembourser.

 

Prix trop élevé

Une obligation existante de l’Etat belge avec remboursement dans trente ans (22/06/2045) offre un coupon de 3,75 % brut. Mais elle s’achète à ±150 %, Vous devez donc payer beaucoup plus cher pour l’acquérir que ce qui vous sera remboursé (1 500 euros p.ex. pour 1 000 euros remboursés). De quoi ramener le rendement à un peu moins de 1 % net.

 

Durée trop longue

Reprenons l’exemple de l’obligation belge à 3,75 % brut et échéance en 2045. En optant pour une obligation de longue durée, le coupon est plus élevé mais le risque aussi. Prédire la situation d’un émetteur sur une longue période n’est pas aisé, même pour les plus sûrs (en 2011, les investisseurs ont douté de la capacité de la Belgique à rembourser ses obligations !). Bien sûr, vous pourriez revendre après quelques années, après avoir bénéficié de plusieurs bons coupons. Mais vous n’aurez pas alors la garantie de récupérer l’intégralité de la mise. Car si les taux ont entre-temps remonté, le cours de votre obligation aura baissé. Et plus la durée restante sera élevée, plus le choc sera violent (en mai la hausse des taux a fait chuter le cours de l’obligation belge échéant en 2045 de plus de 15 % en quelques jours).

 

Trop complexe

Une obligation de Solvay offre 6,375 %, avec remboursement dans 89 ans ! Elle se négocie à 104 %, mais son rendement net est incalculable, car son coupon sera bientôt variable. Certes, Solvay ne mettra pas de sitôt la clé sous le paillasson. Mais qui peut prédire sa situation au 22e siècle ? De plus, l’obligation est subordonnée (en cas de grosses difficultés, vous serez remboursé après tous les autres créanciers). Et dès 2016, le coupon sera remplacé par un coupon variable basé sur le taux Euribor à 3 mois plus un fixe de 3,35 %. Le taux Euribor étant actuellement nul, tant qu’il ne remonte pas, vous devrez vous contenter de 3,35 %. Enfin, Solvay a la possibilité, dès juin 2016, de rembourser à tout moment à 100 %.Mais si les taux du marché sont plus élevés, il ne remboursera pas et vous serez coincé avec une obligation devenue peu intéressante. Si ces taux sont moins élevés, il remboursera et vous serez privé de vos jolis coupons.

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