Analyse
Obligations en euro : taux d’intérêt toujours plus bas il y a un an - jeudi 19 novembre 2015

La perspective de rachats de dettes encore plus importants par la BCE a fortement pesé sur les taux d’intérêt qui, dans certains cas, atteignent des niveaux jamais vus.

L’obligataire européen représente un pari bien trop risqué. D’abord parce qu’il ne tient pas compte des fondamentaux de la dette. Ensuite parce que si les taux devaient finalement remonter, la valeur de vos obligations baissera inmanquablement.

Vendez.

 

Les marchés obligataires prennent très au sérieux le ralentissement de l’économie de la zone euro au 3e trimestre, l’inflation nulle et, surtout, le fait que Mario Draghi et la BCE s’interrogent ouvertement sur la manière dont ils pourraient encore accroître leur programme de création monétaire. La perspective de rachats de dettes encore plus importants par la BCE a ainsi fortement pesé sur les taux d’intérêt qui, après un rebond cet été, sont à nouveau orientés à la baisse et atteignent même, dans certains cas, des niveaux jamais vus.

 

Le taux de -0,38 % auquel l’Allemagne est parvenue à placer de la dette à deux ans constitue ainsi un record absolu et un niveau extrêmement bas. Le cas du Portugal est plus inquiétant encore. Le pays est en effet en pleine tourmente politique et ne connaît toujours pas le nom de son prochain premier ministre ni la majorité qui le soutiendra. En outre, sa dette reste classée dans la catégorie des junk bonds ou obligations spéculatives. Cela n’a pourtant pas empêché le Portugal de placer ce mercredi 1,1 milliard de dette à 12 mois à un taux très légèrement négatif (-0,006 %) pour la première fois de son histoire. Quant au taux à 10 ans, il est retombé à moins de 2,5 % pour la première fois depuis le printemps. Des taux d’intérêt à un tel niveau ne tiennent manifestement pas compte du risque politique du pays et du risque financier (en 2014, la dette portugaise dépassait les 130 % du PIB).

 

Plus globalement, les taux européens négligent également le retour plus que probable de l’inflation qui devrait se matérialiser début 2016. Pour rappel, l’inflation érode la valeur de l’argent au fil du temps : 100 euros auront une valeur réelle moindre dans un an qu’aujourd’hui, à cause de l’inflation. En Belgique, on prévoit une inflation de 1 % en 2016, 1,50 % en 2017 et 1,80 % ensuite. Or, le rendement brut de l’emprunt d’Etat belge à 10 ans s’élève à 0,90 % seulement. Manifestement, ce rendement ne compense même pas l’inflation attendue. Pas sûr que le prochain bon d’Etat, qui sera émis début décembre à destination des particuliers, et aura une durée de dix ans, soit dans ces conditions très intéressant…

 

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