Analyse
Deutsche Bank conseille de revendre certaines obligations. A tort ou à raison ? il y a un an - mardi 19 juillet 2016

Tout dépend de votre situation personnelle. Procédez d’abord aux vérifications nécessaires.

Si vous êtes le détenteur d’une obligation achetée il y a quelques années, vous avez peut-être remarqué que son cours avait grimpé sensiblement. Deutsche Bank vous propose d’en profiter. Faut-il suivre son conseil ? Pas toujours.

 

Exemple : obligation Renault à 4,625 %

Prenons l’exemple de l’obligation émise en 2012 par le constructeur automobile Renault, qui offre un coupon de 4,625 % (3,38 % net) et se négocie à 105,40 % de sa valeur de remboursement à l’échéance, en septembre 2017 (attirés par le coupon plus élevé que ce qu’offrent aujourd’hui les nouvelles obligations, les investisseurs acceptent de payer pour celle-ci un prix plus élevé). Si vous possédez cette obligation et que vous la revendez aujourd’hui, vous empocherez la plus-value (ce qui ne sera pas le cas à l’échéance, moment auquel vous en obtiendrez 100 %). Vous vous priverez par contre pendant un peu plus d’un an du joli coupon de 3,38 % net, car il est peu probable que vous trouviez un nouveau placement offrant un rendement aussi élevé. Mais dans le cas de Renault, la plus-value empochée étant supérieure à la valeur du coupon que vous manquerez, il vaut la peine de revendre aujourd’hui.

 

Ne foncez pas tête baissée !

Deutsche Bank propose aux clients qui possèdent des obligations dont le cours a beaucoup progressé, de les revendre. Mais ne foncez pas tête baissée ! Demandez une estimation réaliste du prix auquel vous pourrez vendre. Demandez aussi de déduire du prix de vente les frais et taxes liés à cette opération (frais de vente de 0,50 % chez Deutsche Bank, plus la taxe boursière de 0,09 %). Sur base de ces éléments, demandez de calculer le rendement résiduel de votre obligation. S’il est négatif, cela signifie que vous avez intérêt à vendre, dans le cas contraire, conservez.

 

Ne réinvestissez pas n’importe comment

Si vous vendez, votre conseiller ne manquera pas de vous proposer un placement alternatif. Soyez alors circonspect. Evitez les placements qui vous engagent sur une trop longue durée (vu que les taux sont faibles en ce moment). Faites attention à ce que les frais d’entrée du nouveau produit ne mangent pas la plus-value réalisée à la revente de votre obligation. Il ne faudrait pas que votre gain initial échoue au final dans les caisses de la banque…

 

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