Analyse
L’avènement de Trump fait grimper les taux obligataires en dollar il y a 11 mois - mardi 15 novembre 2016

Si les Etats-Unis empruntent davantage (ce qui est très probable, vu la politique annoncée), les taux sur l’obligataire d’Etat américain remonteront.

Même si l’incertitude reste de mise, restez à l’écart des marchés obligataires. Continuez d’investir sur les marchés d’actions américains, mais aussi sur ceux de pays émergents tels que la Chine, l’Indonésie ou l’Afrique du Sud. Voyez nos portefeuilles.

 

L’élection de Donald Trump a beau avoir provoqué un choc dans les médias et le monde politique, les marchés industrialisés ont vite repris leurs esprits. Les marchés américains sont sortis largement gagnants d’une semaine agitée. Aux lendemains de l’élection, le Dow Jones touche un nouveau maximum historique et le S&P500 tutoie le sien.

 

Bien sûr, des inquiétudes subsistent. Notamment en ce qui concerne l’avenir des traités de libre-échange déjà signés entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, et du partenariat Trans-Pacifique (TPP en anglais). Mais même parmi les pays fort concernés par ces accords, les marchés se sont remis. Le marché de Toronto est aussi haut qu’il y a un mois. Le Nikkei est à un sommet haut depuis février. Non seulement le président élu s’est montré plus pragmatique et moins polémique que le candidat Trump, mais les marchés ont aussi pris le temps de se pencher sur son programme économique. Or, pour les Etats-Unis, celui-ci est plutôt rassurant : les baisses d’impôts et les investissements prévus devraient tenir la croissance à des niveaux intéressants. Et si la locomotive de l’économie mondiale va bien, le reste du monde suivra. En fin de compte, les grands perdants de l’arrivée au pouvoir de Trump ont été le Mexique – pris pour cible tout au long de la campagne électorale –, mais aussi les marchés émergents. Et pour cause : si les Etats-Unis empruntent davantage, les taux sur l’obligataire d’Etat américain remonteront. Les marchés ayant anticipé une telle réaction, le taux américain à 10 ans a, sans surprise, augmenté à plus de 2,2 %, contre environ 1,8 % une semaine plus tôt. Et comme les investisseurs demandent une prime de risque pour investir dans les pays émergents, les taux sur la dette de ces pays augmentent à leur tour. L’impact est forcément négatif pour ces économies, dont certaines dépendent fort d’un financement étranger qui s’annonce de plus en plus cher. Des marchés à abandonner au plus vite donc ? Pas nécessairement. Si le financement plus coûteux est une mauvaise nouvelle, certains de ces marchés bénéficieront eux aussi de la bonne tenue du consommateur américain et du programme d’infrastructures qui se traduira par une demande accrue pour des matières premières.

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