Analyse
Taux négatifs : payer pour prêter ! il y a un an - jeudi 3 novembre 2016

Du fait des taux négatifs, les amateurs d’obligations doivent payer pour prêter de l’argent à des Etats ou à des entreprises, lesquels remboursent moins que ce qu’ils ont emprunté.

Ce sont d’abord certains Etats qui ont pu se permettre ce privilège. Certaines entreprises font de même.

 

Une obligation, c’est un petit morceau d’un emprunt émis par un Etat, une organisation internationale ou une entreprise.

L’obligation se caractérise par le fait qu’elle a une durée prévue d’avance, que ceux qui la détiennent sont remboursés à l’échéance (sauf si l’emprunteur fait défaut) et qu’entre-temps elle donne droit à un coupon fixe.

 

Le coupon fixe n’est jamais négatif. Ce n’est donc pas à lui que l’on doit de connaître aujourd’hui des taux ou des rendements négatifs.

Ce résultat est obtenu par le fait que l’émetteur fait payer au souscripteur plus qu’il ne lui remboursera à l’échéance. Une obligation est toujours proposée au marché à un prix qu’on appelle prix d’émission. Plus ce prix est élevé, plus le rendement est faible, voire nul ou même négatif.

 

Un exemple.

L’Allemagne a émis le 13 juillet dernier un emprunt sur 10 ans assorti d’un coupon de 0 %. Le prix d’émission est de 100,48 %. En supposant que vous ayez répondu à cette offre et misé 1 000 EUR (montant nominal), vous auriez dû payer 1 004,80 EUR (prix d’émission). Si vous ne vendez pas cette obligation d’ici là, l’Etat allemand vous remboursera à l’échéance le montant nominal de 1 000 EUR, ce qui donne, en bonne arithmétique, un rendement annuel négatif de -0,05 %.

 

Malgré leur rendement négatif, la demande pour ces obligations ne faiblit pas.

Cela tient notamment au fait que les gros investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance) sont obligés d’investir une partie de leurs réserves dans des valeurs sûres comme les obligations d’Etat, quel que soit le rendement obtenu. La crainte de la déflation joue aussi, de même que celle de voir les taux baisser encore. Ne jouez pas dans cette pièce. Les taux ne vont pas rester indéfiniment aussi bas, ils vont remonter un jour, ce qui ne manquera pas de peser sur la valeur des obligations offrant un faible rendement.

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