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Que penser des obligations dites à haut rendement ? il y a 8 mois - mardi 11 avril 2017
Certains sont spéculatives, voire pourries (junk), donc risquées…

L’investisseur en obligations qui recherche un rendement élevé peut penser trouver son salut dans les junk bonds, les obligations dites à haut rendement, spéculatives ou, de manière moins flatteuse, pourries. Mais mieux vaut passer votre chemin.
D’autres placements offrent un mix rendement/risque plus intéressant.

Obligations de faible qualité

Une obligation dite spéculative est un emprunt émis par une entreprise ou une autorité dont la situation financière est préoccupante. C’est justement parce que la probabilité est grande, voire très grande, de ne pas revoir la couleur de son argent, qu’un coupon élevé lui est associé. Alors que les obligations d’entreprises européennes disposant d’un rating A n’offrent pas plus de 0,5% en moyenne, les obligations du même type assorties d’un rating B rapportent en moyenne plus de 5%. On parle d’obligations spéculatives lorsque la solvabilité est égale ou inférieure à BB+ (agences de notation Standard & Poors et Fitch) ou Ba1 (Moody’s). Pour rappel, le rating renseigne sur la capacité d’une entreprise à payer les coupons et à rembourser ses obligations à l’échéance.

Ne vous y brûlez pas les ailes

Celui qui commet l’erreur de ne s’intéresser qu’au rendement mis en avant aura vite fait d’investir dans une obligation offrant un coupon élevé. Elles sont forcément plus séduisantes que les autres. Mais si on tient compte des risques, le rendement proposé (d’ailleurs en baisse par rapport à ce qu’il était il y a quelques années) n’est plus si attrayant. Rappelez-vous en effet que si le capital que vous investissez dans une obligation est remboursé à l’échéance, c’est à condition que l’émetteur dispose encore des fonds nécessaires pour honorer ses engagements. Et c’est là que réside toute la difficulté pour l’investisseur particulier : identifier les entreprises qui ne failliront pas d’ici l’échéance de l’obligation. Un exercice d’autant plus périlleux si l’échéance de l’obligation est encore lointaine. Car pour ce genre d’entreprise, le contexte peut rapidement évoluer. Si le nombre de défauts de paiement d’entreprises ayant émis des obligations à haut rendement reste faible pour le moment, sera-ce toujours le cas le jour où les taux remonteront et que leurs charges financières s’alourdiront ? Et si la conjoncture économique devait connaître un nouveau trou d’air, il est probable que ces entreprises seraient les premières à en souffrir. Votre portefeuille risque alors de subir aussi un grand trou d’air.

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