Salon de l'auto : entre vitrine et mutation
Investir dans le secteur auto européen ?
Investir dans le secteur auto européen ?
Pour les constructeurs, Bruxelles garde de gros atouts. Sa localisation au cœur de l’Europe, à proximité des institutions européennes et dans un pays multilingue, en fait un lieu privilégié pour atteindre simultanément les marchés français, néerlandais, allemand et britannique. Le salon permet aussi de tester le succès de nouveaux modèles auprès d’un public diversifié. Des retours précieux avant les lancements à grande échelle.
Contrairement à des rendez-vous plus professionnels comme l’IAA Mobility de Munich, le Salon de Bruxelles attire massivement le grand public. Les commandes directes et le contact immédiat avec les consommateurs en font un bon baromètre de l’appétit pour les véhicules électriques et hybrides. À l’heure où la transition énergétique peine à convaincre, cette proximité est un véritable levier stratégique.
L’édition 2026 s’inscrit dans une période délicate, marquée par plusieurs défis structurels :
– La transition vers l'électrique s'avère plus coûteuse et complexe que prévu. Les investissements (plateformes, batteries, infrastructures de recharge…) pèsent lourdement sur les bilans. Et les volumes de ventes de véhicules électriques peinent à atteindre les objectifs. L'arrêt des subventions gouvernementales dans plusieurs pays européens a brutalement ralenti la demande, laissant les constructeurs avec des surcapacités de production.
– La concurrence chinoise est une menace. BYD, NIO et SAIC (MG Motor) proposent des véhicules électriques technologiquement compétitifs à des prix de 20 à 30% inférieurs à leurs équivalents européens. Malgré les droits de douane imposés par l'UE fin 2024, la pression chinoise s'intensifie, notamment sur les segments populaires.
– Le récent revirement de l’UE, qui a renoncé à imposer le tout électrique à l’horizon 2035, change la donne. En laissant la porte ouverte aux hybrides et carburants synthétiques, elle offre certes un répit aux constructeurs. Néanmoins, la possibilité de prolonger le moteur thermique, tout en promouvant tout de même l’électrique, complique l’affectation des investissements et des budgets de R&D et de marketing.
Dans un contexte de volumes atones et de pressions sur les prix, cette double structure pourrait durablement amputer les marges.
Le secteur auto européen a certes rebondi en 2025 mais reste à un niveau bien inférieur à celui de ses records historiques de début 2022. Il souffre toujours d’une baisse de la demande, de coûts élevés, de réglementations strictes et de la lenteur de la transition vers l’électrique, face à des concurrents chinois plus réactifs.
Dans ce contexte tendu, le Salon 2026 pourrait voir son rayonnement médiatique et commercial relativisé. Les annonces de restructurations, de fermetures d’usines et de plans sociaux chez Volkswagen, Stellantis ou Ford Europe font passer au second plan les annonces de lancements de nouveautés. L’attention des investisseurs reste focalisée sur la viabilité économique des constructeurs plutôt que sur leurs innovations.
Face à ces incertitudes, une approche sélective s’impose.
– Les constructeurs premium allemands conservent des atouts : pouvoir de fixation des prix, forte présence internationale, marges supérieures, capacité à absorber les coûts de transition, différenciation technologique.
De quoi justifier une exposition modérée à leur action, tout en restant vigilant sur l'évolution de leurs parts de marché en Chine.
Conservez Mercedes Benz, BMW et Porsche.
– Les constructeurs généralistes européens traversent une période critique nécessitant de lourdes restructurations. Certes, la valorisation de leur action est historiquement basse. Mais les risques opérationnels qu’ils courent et la visibilité limitée sur leur compétitivité future incitent à la prudence.
Conservez Volkswagen VZ.
Vendez Renault et Stellantis.
– Misez sur l’automobile électrique chinoise.
Vous pouvez y investir de manière globale en acquérant l’ETF Global X China Electric Vehicle and Battery.