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Le crowdlending est-il la solution aux taux bas ?

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Publié le 25 septembre 2019
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Le crowdlending est-il la solution aux taux bas ?

Le crowdlending est-il la solution aux taux bas ?

Qu’est-ce que le crowdlending ? Quels en sont les risques ? Et quels rendements peut-on en attendre ?

Le terme anglais ‘crowdlending’ signifie ‘prêt participatif’ : des particuliers prêtent de l’argent à une entreprise ou un particulier. Les banques traditionnelles sont hors-jeu. D’année en année le crowdlending est de plus en populaire grâce aux taux d’intérêt intéressants qu’il offre. Mais peut-on considérer que le système est une réelle alternative à votre banque ?

Comment se lancer dans le crowdlending ? Via quelle plate-forme ? Et en prenant quelles précautions ?
Plus d’info dans notre analyse |  Le crowdlending en pratique

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Deux types : aux entreprises et aux particuliers

Le crowdlending aux entreprises 
Les prêts aux entreprises représentent plus de 90% des moyens mis sur le marché du crowdlending. Ces entreprises sont surtout des ‘starters’ (= entreprises qui démarrent) et des PME qui se financent via des plateformes comme Look&Fin. Ce type de plateforme fait le pont entre les (nombreux) investisseurs qu’elle a rassemblés (aussi appelés ‘crowdfunders’) et les entreprises qui cherchent à se financer. Ces entreprises doivent préalablement être acceptées par la plateforme, laquelle émet ensuite des obligations ou des certificats auxquels les ‘crowdfunders’ peuvent souscrire. En échange, ils touchent des intérêts dont le niveau est fonction de la santé de l’entreprise emprunteuse. Selon les cas, l’emprunt est remboursé en une fois à son échéance ou progressivement selon un tableau d’amortissement… à moins que l’emprunteur fasse faillite. 

Le crowdlending aux particuliers
D’année en année le crowdlending est de plus en populaire grâce aux taux d’intérêt intéressants qu’il offre. Mais peut-on considérer les plateformes en ligne qui proposent ce service comme une réelle alternative à votre banque ?

Le crowdlending aux particuliers est une variante relativement récente du crowdlending qui ne met en présence que des particuliers, les uns prêtant aux autres. On peut considérer que c’est une forme de crédit à la consommation. Dans notre pays, la plateforme Mozzeno est la seule sur ce marché et depuis 2017 seulement. Les particuliers qui cherchent à financer l’achat d’une voiture par exemple ou la rénovation de leur cuisine peuvent s’adresser à Mozzeno pour y introduire une demande de crédit. Si celle-ci est acceptée, Mozzeno émet des obligations (en anglais ‘notes’) ou des certificats qui, chacun, représentent une partie du crédit accordé. En échange, les investisseurs qui souscrivent à ces obligations touchent périodiquement des intérêts et un remboursement du capital prêté.

Les risques du crowdlending

Risque de perte du capital
Dans une opération de crowdlending personne ne vous garantira que l’entreprise ou le particulier à qui vous avez prêté votre argent vous remboursera.

Lorsque le prêt est fait à un particulier, la situation personnelle et financière de celui-ci est vérifiée, mais il ne s’agit jamais que d’une vérification à un moment donné. Si l’emprunteur tombe malade ou perd son emploi pendant la durée de l’opération, le risque peut fortement augmenter.

Lorsque le prêt est fait à une entreprise, il n’y a généralement aucune garantie. Si l’entreprise en question est aussi endettée auprès de sa banque, en cas de faillite cette dernière sera considérée comme un créancier privilégié. Pour cette raison, la probabilité qu’en cas de faillite vous récupériez votre capital est plutôt faible.

Pas de sortie anticipée possible
La durée moyenne d’une opération de crowdlending est de 2 à 7 ans. Si pour une raison ou pour une autre vous voulez récupérer votre argent avant terme, ou si l’emprunteur donne des signes de faiblesse, vous êtes bloqué. La liquidité de ce type de prêt est nulle, il n’y a pas de sortie anticipée possible. Il est donc très important que vous n’investissiez dans un crowdlending que de l’argent dont vous pouvez absolument vous passer pendant toute la durée de l’opération. 

Historique financier limité
Le crowdlending est généralement le fait de jeunes ou de petites entreprises dont l’historique financier et opérationnel est limité ou peu fourni. Cela a pour conséquence qu’il est très difficile d’estimer leur solvabilité, donc le risque. Les plateformes de crowdlending qui réalisent une analyse financière pour estimer ce risque le font aussi bien que possible, mais il ne faut pas les croire aveuglément. Et surtout il faut être capable d’interpréter correctement les chiffres d’un compte de résultats ou d’un bilan. Tout le monde n’est pas expert-comptable ou analyste financier !

Prêter à une entreprise

Le crowdlending, c’est du ‘win win’ ?
C’est la promesse que font les acteurs du secteur. D’une part l’épargnant que vous êtes peut prêter à une entreprise locale une somme limitée à un taux intéressant à un risque déterminé. D’autre part l’entreprise locale se voit proposer une nouvelle source de financement. Au 1er semestre de l’an passé 12,4 millions d’euros ont ainsi été prêtés à des entreprises. 

Pourquoi pas un crédit bancaire ?
Il ne faut pas voir le crowdlending comme un moyen de financement destiné aux entreprises qui ne peuvent obtenir du crédit auprès de leur banque (parce que cette dernière craint de ne pas être remboursée). Le plus souvent ces entreprises pourraient parfaitement rembourser leur banque, mais elles ne sont pas en mesure de présenter les garanties exigées. Il y a aussi des entreprises qui ne souhaitent pas dépendre entièrement de leur banque pour se financer. Sans oublier celles qui, pour obtenir du crédit, doivent miser d’importants capitaux propres. Pour toutes ces entreprises le crowdlending est un excellent moyen de financement, total ou partiel.

Quel rendement ?
Comme dit plus haut, l’investisseur qui participe à une opération de crowdlending doit être bien conscient du risque qu’il prend vu que dans la majorité des cas il ne se voit proposer aucune garantie. Si les choses tournent mal, il peut arriver que la totalité du capital prêté parte en fumée. C’est la raison pour laquelle l’investisseur bénéficie d’un rendement élevé, compris grosso modo entre 5% (risque élevé) et 12% (risque très élevé).

Selon une étude réalisée par la FSMA, l’autorité belge du marché financier, le rendement des opérations de crowdlending réalisées entre 2012 et 2017 a en moyenne rapporté environ 7,4% brut ou environ 5% net. Ce sont de beaux chiffres quand on sait que 1,75% seulement des capitaux prêtés n’ont pas pu être remboursés. Ces chiffres corroborent d’ailleurs les statistiques publiées par la plateforme Look&Fin, le leader du marché.

Prêter à un particulier

La plateforme Mozzeno propose aux particuliers d’emprunter à d’autres particuliers
L’octroi de crédit aux particuliers est soumis dans notre pays à des règles très strictes. Il est par exemple interdit à un particulier de lancer un appel public à l’épargne pour obtenir du crédit. Mozzeno a trouvé la parade à cette interdiction. La plateforme commence par accorder un crédit au particulier qui en a besoin. C’est légal puisque Mozzeno est agréée auprès de la FSMA, Pour financer le prêt qu’elle a accordé, la plateforme découpe celui-ci en petites coupures et émet des obligations qui, chacune, représentent une partie de ce prêt. Ces obligations sont ensuite proposées aux investisseurs sur la plateforme. 

Comme les investisseurs sont nombreux à financer un seul crédit, le risque de ne pas être remboursé est supporté par un nombre important de personnes. De plus, chaque investisseur peut répartir son risque sur plusieurs emprunteurs en achetant différentes obligations. Si d’aventure un emprunteur devait faire défaut, l’investisseur ne devrait en supporter les conséquences que pour une partie réduite de sa mise. 

Le rendement
Le rendement d’une obligation comme celles décrites ci-dessus est déterminé par :
– la durée du prêt sous-jacent (entre 12 et 84 mois);
– le type de prêt (à la rénovation, auto, vacances…);
– le niveau de risque lié à l’emprunteur, allant de A à D.

Début septembre le rendement moyen des obligations émises par Mozzeno était de 1,8% net (après retenue du précompte mobilier belge de 30%). Le rendement de chaque obligation dépend de la durée de l’opération (plus elle est courte, plus il est faible) et de l’estimation du risque. 

Le risque
Le risque le plus important est que le prêt sous-jacent ne soit plus remboursé et que l’investisseur doive supporter la perte partielle ou totale de sa mise. Pour pallier ce risque, Mozzeno ne propose plus aujourd’hui que des obligations dont le crédit sous-jacent est couvert par une assurance de solde restant dû de 100%. Pour ce faire la plateforme travaille avec l’assureur-crédit néerlandais Atradius, qui propose l’assurance PROTECT. Celle-ci intervient lorsque l’emprunteur ne paie pas trois mensualités successives. Protect rembourse alors les trois mensualités en question et le solde du crédit. Le coût de cette assurance est retranché du rendement. 

Même si assurance il y a, il ne faut pas croire que le risque est inexistant. Au contraire. L’assureur-crédit peut fort bien refuser toute intervention si par exemple l’emprunteur a falsifié sa fiche de paie. Et ce même si Mozzeno procède à une analyse approfondie du dossier. Il ne faudrait pas non plus que l’assureur-crédit rencontre lui aussi des difficultés. 
Et que se passerait-il si Mozzeno devait faire faillite ? Mozzeno est une jeune entreprise en plein développement dont le futur n’est pas encore tout tracé. Bien qu’il n’y ait pas de garantie formelle qu’en cas de faillite l’investisseur récupère le capital qu’il a misé, la structure de Mozzeno est toutefois ainsi faite qu’en pareil cas le portefeuille de crédits en cours subsistera. 

Comment se lancer dans le crowdlending ? Via quelle plate-forme ? Et en prenant quelles précautions ?
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