Si la Fed précise vouloir éviter un resserrement monétaire trop strict (ouvrant ainsi la porte à un possible status quo lors de la réunion de novembre), l’inflation de septembre est restée assez haute pour justifier peut-être un (dernier ?) resserrement.
Face à ces interrogations sur la politique monétaire, les investisseurs restent prudents.
Sur la semaine, le S&P 500 grimpe de 1% et le Nasdaq de 1,1%; le Stoxx Europe 50 gagne 2,2% et le Bel 20 rebondit de 1,1%.
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Le prix du pétrole est remonté en fin de semaine à 88 USD pour le baril de Brent, bien que les répercussions de la guerre en Israël n’aient jusqu’ici qu’un impact très limité sur ce marché.
Le prix du gaz s’est fortement apprécié. D’une part, la suspension par Chevron des activités de sa plateforme gazière au large des côtes israéliennes fait craindre pour l’approvisionnement du marché. D’autre part, une fuite de gaz a été détectée au niveau d’un gazoduc finlandais.
Le secteur de l’énergie gagne 2,3%, avec une hausse de 4,5% pour Engie, très présent dans le gaz, et de 5,1% pour Eni.
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Le secteur du luxe perd 3,9%, pénalisé notamment par la décélération des ventes de LVMH, dont l’action chute de 7,7%, après plusieurs années fastes.
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Le secteur de la défense rebondit de 8,5%, profitant de la détérioration de la situation au Proche-Orient. Les tensions internationales nourrissent notre scénario d’une hausse des budgets de la défense en Europe et aux Etats-Unis, mais avec un impact décalé sur les résultats des entreprises du secteur. BAE Systems bondit de 11,4%.
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Le secteur de la pharmacie gagne 2,1%.
Novo Nordisk s’adjuge 8,5%. Le groupe enchaîne les succès en annonçant que son médicament contre l’obésité est aussi efficace contre l’insuffisance rénale chez les diabétiques.
Au sein du Bel 20
Proximus enregistre un joli rebond de 6,9% grâce à un communiqué de l’IBPT (régulateur du secteur télécom belge). Poussé par l’Union européenne à faciliter le déploiement de la fibre optique en Belgique, l’IBPT se dit être désormais ouvert à des formules de coopération entre les sociétés déployant la fibre dans le pays, à savoir l’opérateur télécom Proximus et les câblo-opérateurs Telenet et Voo. Proximus pourrait ainsi réduire le coût de déploiement dans certaines zones, où une infrastructure commune serait mise en place. Mais nous demeurons prudents à l’égard de l’action après que le groupe, en quête désespérée de relais de croissance, se soit récemment lancé dans une aventure hasardeuse en achetant au prix fort une participation de 58% dans le capital de l’indien Route Mobile (communications digitales). Nous ne changeons rien à nos prévisions ni à notre conseil.
Elia, qui avait perdu beaucoup de terrain ces dernières semaines, suite notamment à la hausse des taux, rebondit de 3,2%.
Melexis gagne 3,1% dans le sillage du secteur des semi-conducteurs, tiré par les résultats trimestriels de Samsung qui reculent moins que prévu (ce qui laisse penser que le creux du cycle est passé pour l’industrie des semiconducteurs).
UCB gagne 2,2%. Le groupe a présenté des nouvelles données encourageantes, en phase III des tests cliniques, sur l'efficacité du bimekizumab pour traiter l'hidrosadénite suppurée (HS), une affection cutanée inflammatoire chronique très difficile à soigner. Mais le cours est toujours freiné par les retards des autorités américaines dans l’approbation du bimekizumab pour le psoriasis (capitale pour assurer la croissance du groupe ces prochaines années). La probabilité d’un feu vert est élevée mais tant que l’approbation ne sera pas effective (début 2024 ?) nous restons prudents, vu le temps gagné par les concurrents pour s’installer sur le marché.
Barco, qui publiera un trading update le 18/10, perd 3,5%. Le cours a perdu 25% depuis la publication des résultats décevants du 2e trimestre. Au vu de la relative faiblesse des marchés de la Chine et de la santé, Barco pourrait bien tempérer ses attentes pour l’année en cours. KBC a déjà réduit son objectif de cours à 28,40 EUR (ce qui reste 64% au-dessus du cours actuel que nous considérons comme sous-évalué...).
Aedifica gagne 0,3%. La SIR a achevé au 3e trimestre 7 projets de maisons de repos pour un montant total de ±91 millions et annoncé un nouvel investissement dans une maison de repos en Finlande, d’un montant de ±7,5 millions.
Umicore grappille 0,5%. Le groupe a confirmé que c’est sur son site de Nysa en Pologne que sera construite une première usine destinée à fournir des cathodes pour Ionway, sa joint-venture avec Volkswagen. Un investissement de 1,7 milliard d'euros, dont 350 millions d'euros de subsides du gouvernement polonais (le reste venant à part égales d’Umicore et Volkswagen). Ce 1er investissement capte donc déjà près de la moitié des investissements prévus par Ionway, pour produire des matériaux de batteries pour 3,6 millions de voitures par an d’ici la fin de la décennie.
Solvay, qui sera divisé en 2 entités en décembre, perd 0,6%. Face à la faiblesse de la conjoncture, ING a réduit ses attentes de bénéfice opérationnel avant amortissements pour 2023 et les deux années à venir. La valorisation de Solvay reste faible d’un point de vue historique mais vu que les volumes vendus continuent de baisser, nous restons attentistes.
Ackermans & van Haaren reprend 0,3% et n’a donc que peu réagi au fait qu’OMP (leader du marché de la planification digitale de la chaîne d’approvisionnement), dont il détient 20%), a annoncé avoir déployé ses solutions dans la division pétrochimique de BASF.
En dehors du Bel 20
Mithra s’enlise dans les problèmes et perd 8,2%. Le groupe ne parvient pas à rassurer les investisseurs sur sa santé financière. Des actionnaires importants (dont François Fornieri, co-fondateur et ex-CEO) souhaitent aborder des points supplémentaires à l’assemblée générale extraordinaire du 30/10. Leur but : démettre les 4 administrateurs indépendants et en nommer un nouveau. En toile de fond, le dossier Uteron, la société qui a développé la pilule Estelle rachetée ensuite par Mithra. Mithra doit encore 185 millions d’euros à une cinquantaine d’actionnaires d’Uteron (dont François Fornieri). C’est l’équivalent de 2,3 fois sa capitalisation boursière ! Ce montant dû (non lié au succès de l’Estelle mais bien subordonné à la trésorerie de Mithra), devenu tout à fait irraisonnable au vu de la santé financière du groupe, semble avoir été remis en question par les 4 administrateurs concernés, afin de tenter d’alléger le fardeau de la dette du groupe, laquelle hypothèque complètement la valeur des actions.
Atenor, malmené depuis des mois en raison de sa situation financière fragile qui le forcera à mener une prochaine augmentation de capital à prix bradé, rebondit de 44,3%. Deux groupes d’actionnaires de référence, dont un proche du CEO, ont profité des bas prix pour augmenter leur participation. Ils ont mis la main ensemble sur 4,87% des actions pour en détenir maintenant 26,67%.
DEME a conclu un contrat pour poser, avec des partenaires, 257 km de câbles, dans le cadre de la construction du premier champ éolien offshore polonais (qui fournira de l’électricité à 1,5 millions de foyers dès 2026).
Kinepolis perd 1,6%. Le titre a publié de bons chiffres de fréquentation aux USA, au Canada et en France. Sur le 3e trimestre, la fréquentation des salles a continué d’augmenter, pour atteindre à l'échelle mondiale des niveaux qui prévalaient avant le Covid.
Telenet a connu son dernier jour de cotation ce vendredi, 18 ans après son introduction en Bourse (l'offre du principal actionnaire américain Liberty Global, à 21 euros par action, se clôturait).
Variations de cours de lundi matin à vendredi midi.
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