Toute petite déception dans les chiffres publiés par les entreprises ou un rien de prudence dans les commentaires suffisent à provoquer des sanctions par les Bourses.
Le S&P 500 clôture sur une baisse de 2,1% et le Nasdaq sur un recul de 3%.
Le Stoxx Europe 50 est au même niveau qu’il y a une semaine.
Quant au Bel 20, il recule de 1%.
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Les annonces des entreprises laissent entrevoir une fin d’année compliquée et nourrissent les inquiétudes pour 2024. Pour réduire les conséquences de mauvaises surprises, assurez-vous de la bonne diversification de votre portefeuille.
Le secteur de la technologie baisse de 2,9%, après la publication de résultats décevants chez Comcast (-8,7%), Meta (-6,6%) et Alphabet (-9,8%).
Les bons résultats d’Amazon (-4,5%) et de Microsoft (+0,4%) ne permettent pas de limiter la casse.
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Le secteur des semiconducteurs abandonne 3,4% et n’est pas non plus à la fête avec le recul de Nvidia (-2,3%), AMD (-8%), Texas Instruments (-2,6%) et Melexis (-7%, voir ci-dessous).
Le secteur financier européen cède 0,5% et ne rassure toujours pas les marchés après la publication de résultats mal reçus pour BNP Paribas (-0,4%), Standard Chartered (-13,5%) et Swedbank (-12%).
Les valeurs de la transition énergétique sont de nouveau dans le rouge (-2,7%) après que Siemens Energy (-36,3%) a demandé de l’aide à l’État allemand pour résoudre les difficultés financières de son activité dans l’éolien. Vestas Wind profite ainsi des déboires de son concurrent et gagne 4,6%.
Le secteur automobile européen accuse un sévère repli de 4,3%. Les constructeurs comme Porsche (-5,8%), VW (-2,3%) et Daimler (-6,9%), ainsi que l’équipementier Plastic Omnium (-20,3%) constatent le ralentissement de la demande et la dégradation de leur rentabilité. La hausse des taux d’intérêt dissuade les clients de franchir la porte des concessionnaires automobiles.
Les publications sont également décevantes chez Mattel (-9,2%), UPS (-9%), Ford (-2,5%) et Sanofi.
Au sein du Bel 20
Melexis perd 7%. Certains investisseurs craignent un ralentissement de la demande en 2024, de sorte que le cours n’a pas profité de la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes et du fait que les prévisions ont été relevées
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Galapagos chute de 6,8% et atteint son nouveau plancher de l’année, à un niveau qu’il n’avait plus touché depuis 2015.
Ageas perd 4,2%, une baisse due en grande partie au paiement du dividende intérimaire de 1,50 EUR brut (sans cela la baisse se serait limitée à 0,3%).
UCB a encore reculé de 2,7%, après avoir pourtant reçu l’approbation tant attendue des autorités sanitaires américaines pour la commercialisation de son bimekizumab (Bimzelx) contre le psoriasis le 18 octobre dernier. Le courtier américain Jefferies, jusque-là acheteur de la valeur, a fait passer son conseil à « conserver » et réduit son estimation de pic de ventes pour ce nouveau médicament (à 3,2 milliards d’euros, toutes indications confondues, contre une estimation très optimiste de 5,2 milliards auparavant).
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Proximus a publié des chiffres trimestriels supérieurs aux attentes. Le groupe reste toujours à la peine mais table désormais pour l’ensemble de 2023 sur un recul de son bénéfice opérationnel limité à 2% (contre -3% précédemment). Le cours se replie néanmoins de 2,2% sur la semaine, malgré son rebond à l’annonce des résultats.
KBC cède 1,9%. La banque n’a pas échappé aux remous observés dans son secteur.
Au vu des résultats trimestriels publiés par plusieurs grandes banques européennes (affectés pour certaines par la baisse des crédits octroyés, pour d’autres par la faiblesse des activités de banque d’affaires, voire par l’exposition à l’immobilier chinois), les marchés craignent que les marges bénéficiaires, jusqu’ici soutenues par la hausse des taux, n’aient atteint un pic.
Barco a encore un peu souffert de son avertissement sur résultats et perd 1,2%. Un des deux CEO, president du conseil d’administration, a profité de la baisse du cours pour acquérir des actions.
Les sociétés immobiliéres ont bien résisté, soutenues par le fait que la BCE n’a pas annoncé de hausse de ses taux cette semaine.
Aedifica perd 0,5%, Warehouses De Pauw gagne 0,8%.
Cofinimmo grimpe même de 1,1%. La SIR a publié un résultat trimestriel convenable mais a dû comptabiliser des réductions de valeur de son portefeuille. Elle relève légèrement ses prévisions de bénéfice pour l’ensemble de 2023 mais maintient sa prévision de dividende à 6,20 EUR brut.
Solvay, qui avait perdu 13% depuis la mi-septembre, dans un secteur chimique européen plombé par les perspectives conjoncturelles, rebondit de 2%.
AB InBev gagne 1,5%. Il a profité de la confirmation des objectifs annuels de son concurrent Heineken pour l’exercice en cours (celui-ci a publié des volumes vendus en recul de 4,2% au 3e trimestre, mais c’était attendu, compte tenu des conditions météo assez défavorables cet été en Europe).
En dehors du Bel20
Ontex gagne 2,4%. Le groupe a publié pour le 3e trimestre une hausse de 6% de son chiffre d’affaires et de 81% de son bénéfice opérationnel avant amortissements (= hors pays émergents, dont il est en train de se désengager). Un redressement réalisé grâce à des hausses de prix de vente, à la baisse des prix des matières premières et aux mesures de réductions des coûts. La marge EBITDA du trimestre est de 9,5% (contre 9,4% au 1er semestre) et elle devrait encore un peu progresser au 4e trimestre. Pour l’ensemble de 2023, elle sera donc dans le haut de l’objectif de 8 à 10% (après 6,2% en 2022).
Recticel a déçu et perd 5,1%. Le groupe, recentré sur l’isolation, a publié un recul du chiffre d’affaires trimestriel plus sévère que prévu (-17,3%) et a réduit d’environ 10% ses attentes de bénéfice opérationnel avant amortissements pour l’ensemble de 2023. La conjoncture dans le bâtiment ne joue pas en sa faveur. Et 2024 risque d’être aussi une année difficile. Mais le groupe dispose d’une trésorerie nette de près de 2,80 EUR par action, ce qui le met en position de force pour étendre ses activités par acquisitions. Un atout certain pour l’investisseur à long terme.
Vastned Belgium gagne 2,2%. La SIR a encore publié un résultat trimestriel meilleur que prévu et relève ses prévisions de bénéfice pour l’ensemble de 2023. Elle prévient toutefois qu’elle subira une hausse de ses charges financières au 2nd semestre 2024, tout en précisant qu’elle négocie le refinancement de ses dettes. Son endettement reste néanmoins très limité (26,5%).
Kinepolis perd 1,2% bien qu’ayant réalisé un bon 3e trimestre, grâce au redressement de l’offre de Hollywood et au succès de “Barbie” et de “Oppenheimer”. Le groupe a accueilli 41,5% de plus de visiteurs qu’un an plus tôt, soit 5,1% de plus qu’en 2019 (avec, il est vrai, une plus grande offre de salles). Sur les 9 premiers mois de l’année, la hausse est de 29,4%, le nombre atteignant ainsi les 98,5% du nombre record de l’année 2019. Le revenu par visiteur est aussi en hausse, grâce à la premiumisation. Le bénéfice dépasse celui de 2019.
Xior Student Housing, resté stable sur la semaine, a publié un résultat trimestriel correct et confirme ses prévisions de bénéfice et de dividende pour l’ensemble de 2023. Pour réduire son endettement (qui est de 55,3% !) et éviter une augmentation de capital, il augmente le montant prévu de son plan d’amaigrissement (qui passe de 230 à 340 millions d’euros). La SIR serait en outre en pourparler avec des investisseurs externes pour loger certains immeubles dans une joint-venture, ce qui lui permettrait de dégager du cash tout en gardant le contrôle de son avoir immobilier.
Mithra, qui n’a toujours pas annoncé avoir trouvé un partenaire pour la distribution du Donesta aux USA, gagne 13%. La biotech a signé un accord de distribution pour le Canada avec Searchlight qui y commercialise déjà sa pilule contraceptive Estelle et son anneau vaginal Haloette. Elle perçoit ainsi un premier paiement d’étape de 1,5 million d’euros. Searchlight déposera sa demande d’approbation de commercialisation auprès des autorités sanitaires canadiennes au 1er semestre 2024. Le cours a bien réagi. Rien de neuf pourtant, une lettre d’intention contraignante avec Searchlight ayant déjà été signée fin juillet. Compte tenu de la situation financière très fragile du groupe, nous ne changeons pas de conseil.
Hyloris gagne 2,9%. La biotech a annoncé un accord de licence pour la commercialisation au Canada de l'Atomoxetine oral liquide. Ce traitement du trouble du déficit de l'attention et de l’hyperactivité n’y est jusqu’ici disponible que sous forme solide (moins facile à doser précisément). Le partenaire (Kye Pharmaceuticals) se chargera en 2024 de la demande d’autorisation aux autorités locales. La commercialisation pourrait commencer au début 2025. Sans investissement supplémentaire dans ce produit, Hyloris pourra recevoir ainsi jusqu'à 7,5 millions de dollars de paiements d'étape liés aux ventes, ainsi que des royalties.
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