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Bancs solaires: notre lobbying porte ses fruits, mais il reste du chemin à faire

05 octobre 2017
banc solaire solarium

05 octobre 2017
La publicité pour les centres de bronzage sera mieux encadrée. C'est un plus indéniable. Mais nous sommes plus réservés quant à la décision d'en réserver l'accès aux personnes munies d'un certificat médical.

C'est paru dans le Moniteur et donc acquis: dès le 1er décembre, la communication mettant en avant les effets bénéfiques des bancs solaires sera interdite. Et toute communication émanant d'un centre de bronzage devra intégrer l'avertissement: "L'usage de bancs solaires peut provoquer le cancer de la peau". Ces deux mesures, nous les avions proposées au ministre des Consommateurs Kris Peeters. Il nous a suivi, c'est donc un succès.

Sentiment mitigé

Avis réservé par contre pour la seconde mesure, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019. A cette date, l'accès à un centre de bronzage ne sera plus autorisé qu'après présentation d'un certificat médical. "Avec pareille mesure, on risque de délivrer un message incohérent à ceux auxquels on permet l'accès aux centres après avoir vérifié qu'ils ont un type de peau soi-disant approprié", explique une de nos spécialistes santé. "On semble leur donner le feu vert alors que les risques pour la santé, même s'ils varient de l'un à l'autre, sont valables pour tous. En plus, cela induira une charge de travail supplémentaire pour les généralistes. Sans parler du coût pour la sécurité sociale. Quant à l'autre possibilité d'accéder à un centre de bronzage à partir de 2019, à savoir le passage préalable par un appareil mesurant la sensibilité cutanée, nous nous posons des questions sur la fiabilité de ces appareils, sans parler des risques de mauvaises manipulations."

Les contrôles doivent encore être accrus

Et notre spécialiste ajoute. "En tout état de cause, si l'on n'augmente pas les contrôles, ces nouvelles dispositions ne serviront pas à grand-chose." Rappelons que nos visites, en début d'année, dans 117 lieux hébergeant des bancs solaires avaient montré combien les manquements à la législation étaient encore nombreux et le laxisme répandu dans le secteur: accès laissé à des personnes présentant un phototype 1 (type de peau le plus fragile) alors que la législation l'interdit, instructions d'utilisation du banc solaire approximatives, absence de plan de bronzage par type de peau…

Les dernières données de l'Inspection économique sont tout aussi interpellantes. Sur les six premiers mois de 2017, 823 infractions ont été constatées, contre 1214 pour l'ensemble de l'année dernière. Dans le même temps, dix centres de bronzage ont fait l'objet de saisies et 13 ont été fermés.

On progresse donc, mais pas à pas. Le chemin reste long et nous continuons à réclamer l'exécution de toutes les revendications contenues dans le document remis aux ministres Peeters et De Block par l'Alliance contre le cancer de la peau (Test Achats, Fondation contre le cancer, Kom op Tegen Kanker, mutuelles et dermatologues).


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