L’inflation du panier de Testachats légèrement en baisse en ce début d’année
Depuis fin 2021, Testachats suit les prix dans six chaînes de supermarchés différents : Albert Heijn, Carrefour, Colruyt, Delhaize, Aldi et Lidl. Sur la base de plus de 3 000 prix relevés dans ces magasins, l’organisation calcule l’évolution des prix de différents produits. Bonne nouvelle en ce début d’année, elle a légèrement baissé, passant de 3,83% à 3,64%, mais ce chiffre cache des hausses marquées ainsi que quelques légères baisses.
Des produits en hausse
Les catégories de produits ayant le plus augmenté sont la viande (+10%), et en particulier la viande bovine (+23%) et les produits d’épicerie (+6%).
Quand on regarde le top 10 des produits ayant le plus augmenté on retrouve sans surprise la viande de bœuf : l’entrecôte (+34%), le bifteck (+23%), l’américain non-préparé (+18%) et le ragoût de bœuf (+14%). Mais aussi les produits contenant du chocolat : le chocolat au lait (+33%), le chocolat noir (+30%) et les biscuits au chocolat (+11%). Et enfin, le café en pads (+24%) ou moulu (+19%).
Le panier de Testachats est toujours 32% plus cher qu’en janvier 2022, mois durant lequel l’inflation a dépassé les 2% pour la première fois. Le chocolat noir a augmenté de 92% depuis janvier 2022, le chocolat au lait de 76%, les crevettes grises de 67% et le jus d’orange de 66%.
Des produits en baisse
Les légumes (-1%), l’alimentation pour animaux (-0,3%) et les produits « huile, vinaigre et sauces » (-0,1%) sont les catégories de produits qui ont le plus baissé au mois de janvier.
Les produits ayant le plus baissé ce mois-ci sont certains légumes (chou-fleur -5%, carottes -4% et les tomates -4%) mais aussi certains produits surgelés tels que les frites (-5%) ou les pizzas (-4%) ainsi que les spaghettis (-5%).
Ouverture du dimanche : un avantage pour les consommateurs ?
Récemment, plusieurs enseignes de supermarchés ont décidé d’ouvrir également le dimanche suscitant un nouveau débat de société. Cette ouverture du dimanche risque d’accroître la pression concurrentielle entre les enseignes, qui se traduira par des guerres de prix sur certains produits pour attirer les clients 7 jours sur 7. Mais il est également possible que, pour préserver leurs marges, certaines enseignes répercutent leurs coûts sur les prix de vente. En effet, ouvrir un magasin le dimanche n’est pas neutre sur le plan des coûts : majorations salariales, services supplémentaires (sécurité, nettoyage), logistique et réapprovisionnement plus intense. L’effet sur les prix est dès lors difficile à prédire.
Par ailleurs, cette ouverture du dimanche semble donner un signal contradictoire aux consommateurs qu’on encourage, depuis la grogne des agriculteurs, à acheter local, à fréquenter les producteurs, les marchés et les commerces de proximité. Or, l’ouverture des grandes surfaces le dimanche les en détourne mécaniquement au profit de modèles de distribution standardisés. Les commerces indépendants, déjà fragilisés notamment par les coûts de l’énergie, ne disposent pas des moyens humains et financiers pour ouvrir sept jours sur sept. La généralisation de l’ouverture dominicale des supermarchés risque de créer une concurrence inégale, ce qui pourrait accélérer la disparition des petits commerces, pourtant essentiels à la vitalité des quartiers et à la diversité de l’offre. « Le choix de fréquenter ou non les supermarchés le dimanche appartient aux consommateurs et il ne s’agit évidemment pas de le contester » réagit Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Testachats, « mais bien de rappeler qu’un choix n’est réellement libre que s’il est posé en toute connaissance de cause. Chaque acte d’achat a des conséquences : sur le maintien des commerces indépendants, sur l’avenir des marchés locaux, sur la cohérence entre les discours en faveur des circuits courts et les pratiques de consommation réelles. Faire ses courses le dimanche dans une grande surface n’est pas un geste neutre, raison pour laquelle il est essentiel que les consommateurs disposent d’une information claire sur ces enjeux, afin de pouvoir exercer leur liberté de choix de manière consciente et responsable » conclut-il.
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