Dossier

TDAH

20 juin 2022

Cinq à dix pour cent des enfants sont atteints de TDAH, soit au moins un par classe. Les adultes peuvent eux aussi avoir un TDAH, même si les symptômes sont différents. Mais de quoi s’agit-il exactement, et comment y faire face au mieux ? Nos conseils.

Le problème

Les initiales bien connues TDAH correspondent à Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, une perturbation très fréquente de la concentration qui affecte également le comportement. On estime que 5 à 10 % des enfants présentent un TDAH, mais ce chiffre peut être plus ou moins élevé selon les critères utilisés.  

Le TDAH survient généralement pour la première fois à l’âge préscolaire. Chez les jeunes enfants, les symptômes sont encore très variables, et ne se stabilisent qu’à partir de cinq ans. La plupart des diagnostics sont posés quand l’enfant entre à l’école primaire, où l’on peut mieux observer sa capacité d’attention et sa maîtrise de soi.

On pensait naguère que les symptômes allaient disparaître d’eux-mêmes, alors qu’on sait aujourd’hui qu’ils persistent pendant et après la puberté chez la plupart des enfants. Près de 60 à 70 % d’entre eux présenteront encore certains symptômes de TDAH à l’âge adulte, et 20 à 50 % de ces enfants répondent encore à l’âge adulte aux critères de diagnostic du TDAH.

Le TDAH plus souvent inaperçu chez les filles 

Le TDAH touche deux à trois plus souvent les garçons que les filles, et est fréquemment accompagné de symptômes comme un comportement rebelle, un retard de langage, une anxiété, une dépression, etc. 

La façon dont le TDAH se manifeste exactement varie cependant d’une personne à l’autre, et peut également évoluer avec l’âge. En outre, les symptômes diffèrent en fonction du sexe, ce qui fait que le TDAH est moins souvent identifié chez les filles.

Par exemple, les filles présenteront plus rarement un comportement perturbateur, mais elles souffriront davantage d’inattention, de sorte qu’elles bénéficieront moins souvent du bon diagnostic et de l’accompagnement adéquat.

De plus en plus de diagnostics de TDAH

Le nombre de diagnostics de TDAH est en augmentation croissante ces dernières années. Ce n’est pas nécessairement parce que les médecins apposent trop rapidement cette étiquette, mais surtout parce qu’on y est davantage attentif. Les parents, par exemple, reconnaissent aujourd’hui plus rapidement les signaux et recherchent plus facilement une aide médicale ou psychologique. 

Cela peut aussi s’expliquer par l’évolution des critères du diagnostic ces dernières années, qui a élargi le nombre d’enfants répondant aux conditions. Et, bien sûr, le traitement du TDAH est un business lucratif pour l’industrie pharmaceutique.

Certains experts jugent positive cette augmentation, parce qu’elle accroît la prise de conscience du TDAH, et donc le nombre d’enfants qui peuvent être aidés. D’un autre côté, on peut craindre que le TDAH soit diagnostiqué trop rapidement et qu’un comportement normal chez des enfants ou des adolescents soit considéré comme anormal.

Cela peut avoir des conséquences négatives, comme un surtraitement ou une stigmatisation, qui peut à son tour avoir un gros impact sur la confiance et l’estime de soi de l’enfant “étiqueté” TDAH.
 

Le TDAH se caractérise par trois symptômes principaux : hyperactivité, impulsivité et déficit d’attention ou distraction. Comme ces comportements sont assez fréquents chez les jeunes enfants, il peut être difficile de distinguer un comportement anormal d’un comportement normal. 

Le TDAH est provoqué par une conjugaison complexe de facteurs génétiques, neurobiologiques et environnementaux, et non par un excès de sucre ou une mauvaise éducation. Il est par contre héréditaire, et certains facteurs de risque augmentent sa probabilité.

Il n’y a pas de test simple pour le TDAH, et il est quasi impossible de poser un diagnostic correct avant l’âge de la scolarité. En outre, le comportement perturbateur peut avoir une autre explication. Le diagnostic doit être posé par une équipe de spécialistes, et pas par le médecin de famille.

Le traitement adéquat varie d’une personne à l’autre et tous ceux qui présentent un TDAH n’ont pas besoin d’un traitement. Les médicaments ne peuvent en aucun cas constituer le point de départ. Il faut nécessairement commencer par un accompagnement psychologique de l’enfant et de son entourage. 

Un enfant avec un TDAH peut représenter un grand défi pour les parents, avec un lourd impact sur la vie familiale. Ces enfants ont besoin de plus d’explications, de répétitions, de structure et de limites que les autres enfants. Nous passons en revue une série de conseils et de stratégies. 

Bien que ce soit pendant l’enfance que la TDAH se manifeste avec le plus de force, des symptômes peuvent persister jusqu’à l’âge adulte. Certaines personnes ne sont même diagnostiquées qu’une fois adultes. Cela nécessite une approche spécifique. Voici comment s’y prendre.