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Dossier

Grossesse et médicaments

08 juin 2021

Vous souffrez des désagréments de la grossesse ? Vous êtes enceinte et attrapez une grippe, des maux de tête ou un rhume ? Vous présentez une maladie chronique et vous aimeriez avoir un enfant ? Dans tous ces cas, il est conseillé de bien réfléchir à votre consommation de médicaments. Nous vous donnons un petit coup de pouce.

Quelles sont les conséquences potentielles de l’utilisation de médicaments avant, pendant ou après la grossesse ?

En matière de médicaments, la prudence est toujours de mise. Mais pendant une grossesse, une mauvaise utilisation de médicaments peut avoir des conséquences encore plus lourdes. Selon le stade de la grossesse, les médicaments comportent différents risques. Un médicament a une tout autre influence sur le fœtus durant le premier trimestre que sur le nouveau-né pendant l’allaitement, par exemple. Si vous êtes enceinte ou si vous souhaitez l’être, il est donc judicieux de passer au crible votre consommation de médicaments.

Certains médicaments sont connus pour leurs potentiels effets néfastes sur le bébé (à naître). Pour d’autres, c’est moins clair et on ne connait pas vraiment les effets exacts. Les médicaments et les vaccins sont peu nombreux à être autorisés pendant la grossesse. Par ailleurs, il existe un certain nombre de médicaments dont les risques ne peuvent tout simplement pas être évalués correctement. 

Or, un traitement peut s’avérer nécessaire pour la (future) maman. Prenons l’exemple d’une maladie chronique. Si elle n’est pas traitée correctement, une maladie chronique peut parfois occasionner plus de dégâts que le médicament lui-même. Une bonne concertation avec le médecin est donc essentielle. Il convient à tout moment de prendre une décision réfléchie selon la balance entre les inconvénients éventuels et les avantages. Dans ce processus, la préférence sera donnée aux médicaments largement étudiés auprès de femmes enceintes. Souvent, on déconseille les doses élevées, les mélanges de médicaments, ainsi que les utilisations prolongées. Mais, si possible, la meilleure option consiste toujours à éviter les médicaments.  

Si vous souffrez de maux de tête, n’ayez pas peur de prendre un paracétamol. Les symptômes persistent ? Vous avez un doute ? Demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin généraliste. Sachez, par exemple, que l’utilisation de paracétamol pendant plusieurs semaines au cours de la grossesse peut augmenter le risque de problèmes au niveau du développement intellectuel et du comportement de votre enfant. Veillez toujours à consulter votre médecin si vous présentez des symptômes prolongés ou graves pendant la grossesse.

Notre module, composé avec soin par des spécialistes, vous aide à déterminer si tel ou tel médicament peut être pris sans danger pendant les différentes phases de la grossesse.

 

Les risques de base 

Une grossesse n’est jamais totalement sans risque. Il existe ainsi toujours une probabilité que le bébé vienne au monde avec une anomalie congénitale. De base, le risque de fausse couche est également de 10 à 15 %. Dans le cadre de l’utilisation de médicaments, on examine dans quelle mesure ces risques de base sont augmentés par la consommation de médicaments. D’autres risques sont par ailleurs pris en compte, comme une naissance prématurée ou un faible poids de naissance.

Vous trouverez ci-dessous une vue d’ensemble des risques potentiels par stade.

Utilisation de médicaments avant la grossesse 
Les données scientifiques concernant l’utilisation de médicaments avant la grossesse sont encore très rares. Nous savons toutefois que certains médicaments peuvent avoir une influence sur la fertilité. 

Si vous souhaitez avoir un enfant et que vous prenez un traitement chronique, il est particulièrement important d’en parler avec votre médecin traitant. En effet, certaines substances peuvent rester très longtemps dans l’organisme. C’est par exemple le cas de l’acitrétine, un médicament utilisé pour le psoriasis sévère. Ce médicament peut provoquer des anomalies congénitales chez l’enfant jusqu’à deux ans après la prise. 

Si possible, vous pouvez chercher une alternative sans danger avec l’aide d’un professionnel de la santé. 
Cela ne signifie pas que le traitement doit nécessairement être arrêté directement. La question est plutôt de savoir si le médicament est plus dangereux que ce qu’il traite. Ce choix d’administration ou non doit donc, à nouveau, être bien réfléchi. 

Vous retrouverez davantage de conseils en la matière dans notre module

Vous avez pris un médicament alors que vous ne saviez pas que vous étiez enceinte ? Parlez-en avec votre médecin traitant. 

 

Utilisation de médicaments pendant la grossesse

Pour bien comprendre les risques liés à l’utilisation de médicaments pendant la grossesse, il est important de connaître les phases du développement du bébé. La grossesse se subdivise en trois trimestres, chacun ayant une durée d’environ trois mois. Le risque d’apparition d’anomalies congénitales dépend fortement du moment où le médicament est utilisé. 

Le premier trimestre se divise en deux périodes. Les deux premières semaines constituent la période entre la conception et l’implantation complète. Pendant ces deux premières semaines des 40 semaines de grossesse, vous n’êtes donc pas encore « vraiment » enceinte. En effet, la fécondation n’intervient que deux semaines après le premier jour des dernières règles. L’ovulation a lieu deux semaines après les dernières règles. Cela correspond au moment où vous êtes féconde et où vous pouvez donc tomber enceinte. Attention: nous partons ici du principe qu’un cycle dure 28 jours, une durée qui peut varier d’une femme à l’autre. 

Dans tous les cas, cela signifie que vous n’êtes enceinte que pendant 38 semaines. Mais alors, pourquoi parle-t-on de 40 semaines de grossesse ? Souvent, les femmes connaissent parfaitement la date de leurs dernières règles. Mais il est beaucoup plus difficile de dater la fécondation avec précision. En effet, un spermatozoïde peut mettre deux ou trois jours à féconder l’ovocyte. Durant cette phase, il est crucial d’éviter toute exposition aux substances dites « tératogènes », des substances nocives que la mère absorbe (par exemple, un médicament toxique). Elles peuvent en effet provoquer des anomalies chez le fœtus, voire augmenter le risque de fausse couche.

Cette première phase de développement débute donc aux alentours du 15e jour. L’implantation dans la muqueuse de l’utérus a lieu entre le 21e et le 25e jour. 

La deuxième période du premier trimestre s’étend de la 4e semaine à la 14e semaine incluse. Durant ces premières semaines, l’ovocyte fécondé se développe pour former un fœtus (on parle de fœtus à partir des semaines 8-9). La première ébauche de tous les organes se déroule au cours de cette phase. Globalement, il s’agit aussi de la phase au cours de laquelle l’embryon/le fœtus est exposé au plus grand risque d’anomalies congénitales. L’importance de l’impact est liée au stade de développement des organes. Il s’agit donc d’une période très sensible, qui justifie l’utilisation intelligente des médicaments. 

Le deuxième trimestre s’étend de la 13e-15e semaine à la 28e-30e semaine incluse. Le bébé fait une véritable poussée de croissance durant cette phase. Le risque de malformations ou de fausse couche est déjà nettement plus faible au cours de ce trimestre. Mais il reste un risque de lésions au niveau des organes, qui sont alors en plein développement. Plus tard, cela peut avoir une influence négative sur le comportement, le QI ou la motricité de l’enfant, par exemple. En ce qui concerne les médicaments, il se peut ainsi que certains aient aussi un effet néfaste sur la glycémie (trop basse) à la naissance ou sur le rythme cardiaque du fœtus. 

Le troisième et dernier trimestre s’étend de la 30e semaine à la 40e semaine incluse. Votre bébé grandit énormément au cours du dernier trimestre. Cette période est dès lors cruciale. Votre corps et votre enfant se préparent littéralement à un événement bouleversant : l’accouchement.  

 

Utilisation de médicaments après la grossesse

À proprement parler, les médicaments ne jouent plus aucun rôle après la grossesse. Cependant, l’utilisation de médicaments doit toujours être prise en compte si vous allaitez. En effet, les médicaments que vous prenez peuvent passer dans le lait maternel et être ainsi transmis au nourrisson. Cette possibilité de transmission est particulièrement importante durant les trois premiers jours qui suivent l’accouchement. Pour le reste, il faut aussi tenir compte du fait que certains médicaments peuvent bloquer la production de lait. Il est donc également préférable d’éviter les médicaments après l’accouchement, sauf si vous en avez besoin. Encore une fois, il est vivement recommandé de demander conseil à votre médecin. 

 

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