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Pub et médicaments : victoire de Test-Achats

12 juin 2012 Archivé
pub et médicaments

12 juin 2012 Archivé

Après des années de mobilisation, Test-Achats a obtenu l'interdiction de la légalisation de la publicité pour les médicaments sur prescription.

La Commission européenne avait émis en 2008 une proposition de directive prévoyant le droit, pour les sociétés pharmaceutiques, "d’informer" directement le grand public sur leurs médicaments sur prescription. Après des années de mobilisation de Test-Achats, cette proposition a enfin été rejetée. Elle s'apparentait en effet trop, selon nous, à de la publicité.

Une proposition européenne controversée

D’aucuns en Europe estiment que les sociétés pharmaceutiques doivent avoir le droit "d'informer" directement le public sur leurs médicaments sur prescription et la Commission européenne avait dès lors émis en 2008 une proposition de directive leur accordant ce droit, avec la possibilité pour les sociétés de citer leurs médicaments sur prescription à côté de la marque commerciale.
Même s'il était stipulé que la publicité publique resterait interdite, ceci rendait un peu plus floue la frontière déjà tenue entre information et publicité. Pareille proposition témoignait de ce fait selon nous d'un faible sens des réalités. Nous savons en effet par expérience que les informations des sociétés pharmaceutiques ont souvent une connotation commerciale et poursuivent en réalité souvent le même objectif que la publicité au sens strict.

Une large coalition de contestation

En réaction, Test-Achats avait coordonné en 2008 une large coalition de contestation contre cette proposition, avec pas moins de 16 organisations, dont des représentants de médecins, pharmaciens, mutuelles, patients et consommateurs. Toutes ces parties estimaient comme nous que cette proposition devait être rejetée en raison des nombreux risques s'y rapportant, comme la médicalisation de la vie (disease mongering), l'accentuation de la pression sur la relation médecin-patient et l’augmentation des dépenses ainsi qu’une hausse de la pression sur les budgets des soins de santé.
De nombreux exemples passés montrent en effet que la communication d'informations objectives n'est pas la principale préoccupation des fabricants de médicaments. De très nombreuses sociétés dépassent ainsi les limites dans le cadre légal actuel, raison pour laquelle nous avons du reste déposé toute une série de plaintes ces dernières années contre des sociétés comme Bayer, Novartis, Eli Lilly, Roche, Allergan et Merck.

La persévérance paie

La proposition a été discutée pendant de longues années au Parlement et au Conseil européens et Test-Achats a écrit à plusieurs reprises à la ministre Laurette Onkelinx de même qu'à l'Agence des médicaments. Au niveau européen, notre Bureau européen des unions de consommateurs a suivi le dossier de près et mené un lobbying très actif. Et finalement, notre persévérance a porté ses fruits puisque la proposition a aujourd'hui été remisée au placard, en espérant que ce soit pour de bon.


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