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Publicité mensongère pour médicament: les autorités doivent intervenir

23 décembre 2015
misleidende reclame

23 décembre 2015

La justice australienne a condamné le fabricant des diverses formes de l’analgésique Nurofen pour des pratiques marketing que nous-mêmes avons déjà dénoncées. Nous voulons que la Belgique intervienne aussi sévèrement : les intérêts des consommateurs doivent primer sur ceux de l’industrie pharmaceutique.

L’instance gouvernementale australienne responsable (ACCC), entre autres, de la protection des consommateurs, a déposé récemment une plainte contre Reckitt Benckiser pour pratiques mensongères. Cette firme commercialise en Australie le principe actif ibuprofen sous différents noms: Nurofen Back Pain, Nurofen Period Pain... Elle laisse entendre que chaque produit agit spécifiquement sur un mal déterminé, alors qu’il n’en est rien. La justice a donné raison à l’ACCC: les médicaments doivent être retirés du marché dans les trois mois.

Perdotensio et Perdofemina: la même histoire

Dans notre pays, la firme Johnson & Johnson pèche par les mêmes pratiques. En 2007, elle a mis Perdofemina sur le marché pour des règles douloureuses et a suivi en 2014 avec Perdotensio pour les douleurs de tension. Présentés comme des nouveautés, ces médicaments sont achetés par de nombreux consommateurs qui pensent ainsi soulager spécifiquement des règles douloureuses et un mal dans la nuque. Ceci, alors même qu’ils disposaient peut-être déjà d’un produit identique (et moins cher), avec l’ibuprofen comme principe actif.

De telles pratiques sont non seulement source de dépenses inutiles mais aussi dangereuses: beaucoup de consommateurs ne se rendent pas compte de la similarité de leurs différents analgésiques. Ils peuvent donc en avaler inconsciemment trop, ce qui augmente grandement les risques d’effets secondaires.

Les autorités doivent privilégier le patient, pas l’industrie

Plus tôt cette année, nous-mêmes avions déposé plainte contre la publicité tv pour Perdotensio auprès de la Commission compétente de l’agence fédérale belge des médicaments. Mais sans succès. Détail intéressant: l’industrie siège aussi elle-même dans cette commission, et la commission a elle-même donné son autorisation pour ce spot-TV...
La condamnation en Australie nous renforce dans notre conviction que de telles pratiques sont inacceptables. Nous avons donc écrit à l’agence fédérale des médicaments ainsi qu’à la Ministre De Block, en demandant que ces produits soient aussi retirés de notre marché. 

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