Dossier

Suppléments des labos d’analyses

25 janvier 2022
prelevements sanguins

Avez-vous déjà bien épluché la facture d’un laboratoire d’analyses avant de la payer ? Faites-le, dorénavant. Car des suppléments sont souvent facturés injustement. 

Quel est le problème ?

Quand votre médecin (généraliste) veut faire analyser un échantillon, vous n’avez en tant que patient aucune prise sur le laboratoire, et encore moins sur la personne qui va l’analyser.  Vous ne l’apprenez généralement qu’au moment de recevoir la facture. Or, ce sont justement ces éléments qui interviennent pour déterminer si le labo peut facturer des suppléments d’honoraires. Il se peut donc fort bien que, pour une même analyse, un patient paie un supplément et un autre pas, y compris dans le même laboratoire.  En effet, seuls les collaborateurs non conventionnés peuvent facturer ces suppléments. Mais cela donne régulièrement lieu à des abus. Dans certains laboratoires, les collaborateurs non conventionnés facturent beaucoup plus d’analyses que leurs collègues conventionnés.  

Réglementation déficiente

Il est clair que les patients doivent être mieux protégés contre ces suppléments. C’est pourquoi la législation à ce propos a été renforcée en 2017. Ainsi, elle stipule clairement que les suppléments ne peuvent être facturés que si le patient en a été informé au préalable et a marqué son accord. 

Dès lors, on pourrait s’attendre à ce que ces suppléments appartiennent au passé, car personne ne va les payer sciemment. Or, ils restent bel et bien monnaie courante. Pour l’année de prestations 2019, les suppléments s’élevaient à pas moins de 2,5 millions rien que chez la Mutualité Socialiste. A la grosse louche, cela représente entre 7,9 et 8,6 millions d’euros pour la population dans son ensemble. 

Faibles montants

Comment ce problème peut-il ainsi rester sous les radars ? L’une des explications possibles est qu’il s’agit de montants relativement peu élevés, qui n’éveillent guère la méfiance : généralement entre 1 € et 6 € de plus que le ticket modérateur, selon l’analyse de la Mutualité Socialiste. Mais même des sommes aussi modestes sont évidemment source d’importants bénéfices pour les laboratoires d’analyses lorsqu'elles sont mises bout à bout.

Ce dossier se propose d’approfondir différents aspects de ce problème et aussi de vous expliquer comment réagir vous-même.