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L’Europe lutte trop faiblement contre les perturbateurs endocriniens

07 juillet 2017
perturbation endocrinien

07 juillet 2017
Les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont adopté des critères qui serviront à l’identification des perturbateurs endocriniens. Vu les risques de santé liés à ces substances, nous trouvons cet accord un peu maigre.

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui influencent le système hormonal humain et peuvent avoir des effets négatifs sur notre organisme ou sur celui de nos descendants. Ils sont associés à des problèmes de reproduction, à un risque plus élevé de cancers liés aux hormones, au diabète et à l’obésité. Ils sont cependant présents partout dans notre quotidien: les aliments, les produits de nettoyage, les emballages, les cosmétiques… Des études récentes estiment les coûts de santé découlant de l’exposition aux perturbateurs endocriniens dans l’Union européenne à 163 milliards d’euros par an.

Une proposition faiblarde

La réglementation européenne par rapport à ces substances ne change pas depuis des années. Il n’existe même pas au niveau européen de critères pour déterminer si un produit chimique peut être étiqueté comme perturbateur hormonal. Après des années de discussion, la Commission européenne réagit enfin en présentant une proposition concernant les critères d’identification aux représentants des Etats-Membres.

Le problème de cette proposition est que les critères adoptés exigent des niveaux de preuve élevée quant aux effets néfastes des perturbateurs. Alors que nous pouvons attendre que l’Europe applique le principe de précaution en matière de santé publique. De plus, les critères ne valent que pour les perturbateurs hormonaux présents dans les pesticides et les biocides. Ce qui est beaucoup trop limité.

Que fait la Belgique?

450 000 citoyens européens ont signé une pétition demandant aux Etats-Membres de rejeter la proposition de la Commission européenne. En outre, trois instituts de recherche de renommée international spécialisés en endocrinologie ont tiré la sonnette d’alarme. Il n’y avait pourtant pas assez d’Etats-Membres pour voter non. La Belgique a malheureusement accepté la proposition.

Nous ne pouvons qu’espérer que le Parlement européen rejette la proposition de la Commission. Mais surtout que la Belgique prenne exemple sur des pays tels que la Suède, le Danemark et la France qui imposent des règles plus strictes.


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