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Pension et revenus complémentaires

12 février 2019
pension et revenus complémentaires

12 février 2019

Que ce soit par nécessité financière ou pour mettre à profit leur expérience professionnelle, certains seniors cherchent un revenu d'appoint une fois à la retraite. C'est permis. Malheureusement, cette activité complémentaire peut, au final, s'avérer bien moins intéressante que prévu.

Percevoir chaque mois votre pension légale et retirer régulièrement un revenu de l'une ou l'autre activité professionnelle en complément est tout à fait possible. Mais ce revenu complémentaire peut aussi hélas laisser un arrière-goût amer avec une influence négative sur le montant de votre pension et vos impôts.

Pas de limite pour certains

 Certains pensionnés peuvent percevoir des revenus complémentaires illimités en plus de la pension. Pour cela, il faut: 

  • soit avoir atteint l'âge de 65 ans (sans aucune exigence quant au nombre d'années de carrière);
  • soit 45 ans de carrière.

Maxima imposés pour d'autres

 Dans tous les autres cas, mieux vaudra que vos revenus complémentaires ne dépassent pas certains plafonds. Il existe en effet différents maxima légaux, en fonction de votre âge, de votre activité professionnelle et de la présence éventuelle d'enfants à charge. Les montants sont indexés automatiquement chaque année.

 Vous pouvez toutefois perdre une partie de votre pension...

Si un plafond de revenus complémentaire est d'application dans votre cas, personne ne vous interdira de le dépasser. Mais votre organisme de pension en aura connaissance à travers les renseignements obtenus auprès des autorités fiscales et sociales et interviendra alors au niveau du montant de votre pension. Avec à la clé, le risque de perdre une partie voire, dans le pire des cas, la totalité de votre pension pour l'année calendrier en question… La perte de pension est proportionnelle au pourcentage de dépassement du plafond autorisé. Si vous excédez de 100% la limite de revenus autorisés, vous risquez donc de perdre le totalité de votre pension pour l'année en question.
On arrive parfois plus vite au maximum qu'on ne le pense.
- Sont en effet comptabilisées comme revenus complémentaires les indemnités de rupture ou de préavis versées à un travailleur ordinaire en cas de licenciement ainsi que les indemnités de départ payées par exemple aux députés fédéraux ou régionaux. Si cette indemnité est toujours d'actualité au moment où vous prenez votre retraite, vous devez donc être conscient que votre pension s'en trouvera peut-être provisoirement réduite, voire carrément supprimée.
- Et si vous percevez des revenus exonérés d'impôt grâce à un flexi-job ou une activité complémentaire tombant sous le coup d'un régime fiscal favorable (économie collaborative, travaux chez d'autres citoyens, travail associatif; cfr. notre dossier Travail complémentaire: maximum 6 250 €), ces revenus sont pris en compte pour vérifier si vous ne dépassez pas le plafond autorisé.

... et risquez d'être lourdement imposé

Il y a un deuxième effet pervers si vous percevez des revenus complémentaires. D'une part ces revenus complémentaires seront relativement lourdement imposés. D'autre part, le fisc diminuera la réduction d'impôt qu'il accorde normalement à une pension.
Les revenus tirés d'un flexi-job ou d'une activité complémentaire tombant sous le coup d'un régime fiscal favorable n'ont aucun impact négatif au niveau fiscal.

Déclaration préalable du revenu complémentaire uniquement à titre exceptionnel

Auparavant, vous étiez légalement tenu de faire une déclaration préalable de revenus complémentaires. Depuis 2013, la déclaration préalable n'est plus obligatoire qu'à quelques exceptions près, par exemple si la pension doit encore être versée pour la première fois.