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Suspectés d'obsolescence programmée, Apple et Samsung sont sanctionnés

25 octobre 2018

25 octobre 2018
Apple et Samsung écopent respectivement de 10 et 5 millions d'euros d’amende en Italie. Certaines de leurs mises à jour logicielles ont provoqué des dysfonctionnements et réduit la performance de leurs smartphones. Une décision historique et une victoire pour les consommateurs! 

Avec les associations de défense des consommateurs en Europe, nous dénonçons régulièrement les pratiques liées à l'obsolescence programmée, soit la limitation plus ou moins volontaire de la durée de vie des appareils par leurs fabricants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous vous demandons de signaler, sur notre site Trop Vite Usé, vos appareils trop vite usés, ou posant des problèmes de cet ordre.  

Trop vite use? Signalez-le 

Nous pouvons ainsi inventorier le phénomène, vous guider vers des appareils plus solides, pousser les fabricants à commercialiser des produits durables, voire les attaquer quand ils dépassent les bornes. 

C’est ce qu’a fait notre consoeur Altroconsumo avec succès en Italie! 

Apple et Samsung écopent de lourdes amendes

Dès janvier 2016, l’une de nos enquêtes avait mis en lumière les suspicions d'obsolescence liées aux updates chez Samsung et Apple. En Italie, ces signalements ont conduit Altroconsumo à porter plainte auprès de l'autorité italienne de la concurrence.

Après une longue enquête, celle-ci a donc conclut que – effectivement - certaines mises à jour des systèmes d’exploitation des smartphones ont provoqué – sans que les clients en soient préalablement prévenus - des dysfonctionnements et réduit la performance des appareils, accélérant ainsi leur remplacement. Bilan: Apple et Samsung écopent respectivement d’une amende de 10 et 5 millions d'euros pour pratiques commerciales déloyales.

Pourquoi 5 millions d’euros d'amende pour Samsung?

Depuis mai 2016, les propriétaires d'un Samsung Note 4 ont été instamment priés de télécharger et d'installer des mises à jour sur des appareils qui, en réalité, n'étaient pas en mesure de les supporter correctement.

Préparé pour le modèle Note 7, le nouveau système d’exploitation Android Marshmallow a provoqué de graves dysfonctionnements dus aux contraintes plus élevées sur les appareils, ce qui a conduit à effectuer d’importantes et coûteuses réparations hors garantie.

Pourquoi 10 millions d'euros d'amende pour Apple?

Apple a, quant à lui, proposé avec insistance aux propriétaires d'iPhone 6, 6 Plus, iPhone 6S et 6S Plus d'installer le nouveau système d'exploitation iOS 10, développé pour iPhone 7. Ceci, sans avoir correctement informé les utilisateurs des plus grandes exigences en énergie du nouveau système d'exploitation et des conséquences possibles de cette installation, notamment des arrêts soudains. Apple a, en outre, lancé une mise à jour logicielle (iOS 10.2.1, février 2017), sans préciser qu'elle réduirait la vitesse de réponse des appareils. Ce n’est qu’en décembre 2017, après que les consommateurs se soient abondamment heurtés à des problèmes de fonctionnement non couverts par la garantie, qu’Apple s’est décidé à remplacer les batteries à un prix réduit.

L’amende imposée à Apple est deux fois plus élevée que celle de Samsung parce que la société américaine n’a pas correctement informé ses clients des caractéristiques essentielles de ses batteries au lithium, et notamment de leur durée de vie moyenne et de leurs modalités de maintenance.

Une décision historique aux conséquences notables

Cette décision rétablit le droit du consommateur de profiter dans la durée de produits qui fonctionnent. Difficile, désormais, d’invoquer l’excuse selon laquelle que le matériel est devenu trop vieux pour le nouveau logiciel. Les consommateurs ne pourront plus être victimes d’innovations qui ont pour conséquence de limiter la durée de vie de leurs couteux appareils.

Au cours des prochaines semaines, nous examinerons plus attentivement, avec les organisations-soeurs d’Italie, du Portugal et d’Espagne, les conséquences de cette décision historique. Comprenez, sous l’angle du dommage potentiel pour les consommateurs éventuellement lésés.