Communiqué

Compteurs intelligents vers une énième augmentation de la facture d’énergie

03 février 2017

Le Ministre de l’énergie flamand, Bart Tommelein, veut commencer le déploiement des compteurs “intelligents” en Flandre à partir de 2019. Les discussions à ce sujet vont également bon train à Bruxelles et en Wallonie. Test-Achats craint que ce ne soient à nouveau les consommateurs qui en supportent le coût alors que ces compteurs servent surtout les intérêts des gestionnaires de réseau. L’implémentation de tels compteurs intelligents ne peut advenir que sur base volontaire et dans un cadre strict.

Le compteur “intelligent” est un boîtier qui mesure automatiquement la consommation d’énergie et qui envoie ces informations à une fréquence déterminée au gestionnaire de réseau. Cela doit théoriquement permettre au consommateur de suivre de près sa consommation d’énergie et l’inciter à réduire celle-ci. Mais tout n’est pas aussi rose …

Le consommateur paie, les gestionnaires de réseau en profitent


Les compteurs intelligents offrent surtout des avantages au secteur de l’énergie (relevé des compteurs, ouverture, fermeture à distance, …) mais peu voire aucuns pour les consommateurs. Le potentiel d’économie pour les familles avec une consommation basse à moyenne (3500 kWh/an)  est limité voire inexistant. C’est aussi ce qui ressort des études menées à Bruxelles et en Wallonie. L’étude wallonne recommande de remplacer les compteurs uniquement chez certains profils d’utilisateurs et seulement sur base volontaire. D’autres mesures simples, telles qu’une bonne isolation, le réglage de la température et de petites interventions telles que le remplacement de vieilles ampoules, sont bien plus faciles à réaliser et livrent de meilleurs résultats cout-bénéfice.

Les coûts liés au développement des compteurs intelligents risquent d’être reportés intégralement sur les consommateurs. Intéressant à relever : les coûts de l’implémentation dans d’autres pays européens, tels que la France et l’Italie, ont été largement sous-estimés.

Quoi qu’il en soit, vu l’augmentation constante de la facture d’énergie ces dernières années, une nouvelle augmentation est inacceptable.

Des compteurs aussi dans l’intérêt des consommateurs

L’organisation de consommateurs insiste pour que les gouvernements wallons et bruxellois ne prennent pas de mesures hâtives. Les conditions suivantes doivent être prises en compte dans le processus décisionnel :

– que le consommateur ait le choix d’avoir un compteur intelligent ou non, et aussi, comme aux Pays-Bas, de se faire placer un tel compteur en mode "off" afin de ne pas avoir de surcoût dans le futur s’il passe malgré tout au mode "on";

– une répartition équitable des coûts des nouveaux compteurs en fonction des bénéfices que chaque partie en tirera, quitte à n’équiper qu’un segment des utilisateurs;

– que les consommateurs aient leur mot à dire dans le design et les informations fournies par le dispositif interne d’affichage; – une parfaite interopérabilité du compteur indépendamment du fournisseur afin que la liberté de changer de fournisseur puisse être conservée;

– que le respect de la vie privée soit garanti. Seules les données strictement nécessaires à la facturation doivent être transmises aux gestionnaires de réseau, et il faut des règles strictes quant à l’utilisation, au traitement et à la conservation de ces données;

– que le gestionnaire de réseau ne puisse pas se réserver le droit de désactiver certains circuits électriques chez le client. Cela joue en effet complètement en défaveur des consommateurs en défaut de paiement, et donc particulièrement des plus démunis.

Votre avis?


L’organisation de consommateurs lance un débat sur Facebook à ce sujet sur  la page Facebook de Test-Achats ainsi qu’un vote sur les comptes Twitter de l’organisation. Les consommateurs étant les premiers concernés par ces mesures, leur avis compte !

Accès presse

Pour avoir accès à tous les contenus en tant que journaliste, nous vous demandons de nous envoyer un e-mail.