Dossier

Compteurs numériques: que faut-il savoir, pourquoi réagir?

11 juin 2018
Compteurs intelligents

11 juin 2018
Les différentes Régions ont choisi de remplacer prochainement les compteurs d’électricité et gaz classiques par des modèles numériques. Qu’est-ce qui va changer, concrètement, pour vous? Quels sont les avantages et risques éventuels? Avez-vous le choix? Nous répondons à ces questions. Poursuivez votre lecture et réagissez.

Pourquoi un compteur numérique?

Nous nous battons pour une introduction correcte du compteur numérique et vous aidons à trouver un tarif avantageux pour l’énergie.

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C’est l’Europe qui a décidé ce futur passage au compteur numérique. Ceci en vue de sensibiliser davantage le citoyen européen à sa consommation d’énergie. 
Dès 2009, l’UE décidait que les États membres devaient remplacer le compteur mécanique classique par un compteur numérique dans 80% des foyers pour 2020. Cette obligation sera toutefois annulée si une étude démontre que le remplacement des compteurs n’est pas rentable. Un scénario d’exit est donc possible, bien que cela ne semble pas à l’ordre du jour pour l’instant...

Numérique, intelligent ou communicant?

Le compteur numérique ou électronique pour l’électricité ou le gaz naturel enregistre la quantité d’électricité ou de gaz naturel consommée à divers moments de la journée. Ces données peuvent être recueillies par l’utilisateur, mais surtout aussi par le gestionnaire du réseau (et les fournisseurs d’énergie). 
Le but est d’échanger ces données sans que quelqu’un ne doive se rendre sur place. Le terme « compteur communicant » serait mieux adapté à ce système. 

Cette communication s’effectue dans les deux sens : les données mesurées peuvent être envoyées à certains moments au gestionnaire du réseau ; à l’inverse, le gestionnaire du réseau peut aussi effectuer certaines interventions à distance, par exemple contrôler le bon fonctionnement du compteur, adapter la puissance de l’installation (limiter), ouvrir ou au contraire fermer le compteur, etc.
Mais un compteur ne devient « intelligent » ou « smart » que lorsque des applications y sont associées.

Ce que le compteur numérique devrait pouvoir faire concrètement dans les foyers belges n’est pas encore défini. Il semble bien que dans une première phase, et certainement en Flandre, il resterait d’abord « stupide » et que le consommateur devrait payer pour activer les fonctions supplémentaires et ainsi le rendre « intelligent ».

De nombreux avantages?

Les partisans du compteur numérique argumentent que grâce au nouveau compteur, l’utilisateur disposerait de bien plus de possibilités pour comprendre sa consommation et donc adapter son comportement en conséquence. Mais pour nous, ces avantages n’en sont pas vraiment. 

  • La consommation d’énergie en temps réel peut être présentée visuellement sur un petit écran dans l’habitation, ce qui peut aider à sensibiliser les utilisateurs à leur consommation. Mais des études et projets pilotes ont démontré que la possibilité d’économiser l’énergie qui en résulte est assez limitée. Selon les estimations récentes, la consommation d’électricité ne diminuerait que de 0 à 4%. Pour une famille moyenne, cela reviendrait à une économie de 15 euros par an environ. Même pas de quoi pour se payer une soirée au cinéma à deux...

  • Les factures d’acompte pourraient correspondre davantage à la consommation effective, au lieu d’être basées sur une consommation annuelle estimée de l’énergie. Et la réduction de la consommation se répercuterait plus vite sur vos factures. Inversement, en cas de consommation augmentée, les factures pourraient être plus élevées en hiver. Nous  restons favorables à des factures intermédiaires ne suivant pas la consommation réelle, justement pour éviter les factures très élevées en hiver - même si elles sont plus réduites en été - surtout pour les personnes qui se chauffent à l’électricité ou au gaz naturel.

  • Plus personne ne doit passer chez vous en cas de déménagement ou de changement de fournisseur d’énergie. Le compteur peut être relevé à distance et même ouvert ou fermé à distance, le cas échéant. Ce qui implique moins de tracasseries et moins de coûts. 

  • Les gestionnaires de réseau pourraient développer de nouvelles formules tarifaires, avec des prix plus avantageux par exemple aux moments où les panneaux solaires et les éoliennes produisent beaucoup de courant, et il serait même possible d’utiliser certains appareils ménagers seulement lorsque le moment est favorable.

    Mais en général, les compteurs numériques permettraient aux gestionnaires de réseau de maîtriser les pics de consommation d’énergie et de mieux garantir ainsi la stabilité du réseau électrique. Nous rejetons la multiplication des tarifs parce que, la comparaison des tarifs des différents fournisseurs d’énergie serait plus difficile pour le consommateur. On peut en outre se poser la question de savoir dans quelle mesure le consommateur en tirerait un avantage. Les bénéfices pourraient bien être réservés exclusivement aux fournisseurs d’énergie et gestionnaires de réseau.

Économiser l’énergie?

Consommer l’énergie de manière plus rationnelle, c’était l’intention initiale de l’Europe. Mais le placement d’un compteur numérique ne semble pas la meilleure manière de réduire la consommation d’énergie des familles. 

Isoler soigneusement, poser des vitrages à haut rendement, régler le chauffage aussi efficacement que possible (via un thermostat par exemple) et des interventions simples comme l’utilisation de lampes led ou le calfeutrage des portes, sont des mesures beaucoup plus faciles à mettre en œuvre et produisent plus vite des résultats.

Nous vous aidons aussi à réduire votre facture énergétique grâce à des mesures d’économie d’énergie dans votre habitation. Dans cette optique, nous pouvons vous adresser une offre gratuite d’un professionnel de votre région pour isoler votre toit, votre mur ou votre sol, remplacer vos vitrages et vos châssis ou encore installer une chaudière à condensation; 

En savoir plus sur notre Action isolation 

Qui paie?

Tout indique que les coûts du nouveau compteur seront surtout à charge du consommateur, alors que les bénéfices reviendront principalement aux autres parties : les gestionnaires de réseau, les fournisseurs d’énergie et les producteurs de compteurs numériques. 

Concrètement, les coûts du déploiement seront refacturés via les tarifs du réseau de distribution, de sorte que tout le monde paiera. Pour vous donner une idée des coûts : en mai 2017, le régulateur flamand de l’énergie, la VREG, a estimé le coût total du déploiement du compteur numérique à 16 € par an pour l’électricité et à 11 € pour le gaz naturel, pour une famille moyenne, avec l’introduction du compteur échelonnée sur 20 ans (alors que la durée de vie des appareils serait de 15 ans à peine...). 

Mais ce montant ne tient pas compte du développement de la plate-forme centrale - dénommée Atrias - par laquelle les informations peuvent être échangées entre opérateurs (dans les trois régions), fournisseurs d'énergie et fabricants de compteurs numériques. Ces derniers sont peu loquaces au sujet de cette plate-forme qui ne sera opérationnelle qu’après déploiement des compteurs numériques en Flandre, à partir le 1er Janvier 2019. Or, l’addition pour le développement d’Atrias s’élève déjà à 200 millions d'euros et devrait coûter 50 millions de plus aux consommateurs flamands. Et ces coûts seront tôt ou tard répercutés dans les tarifs du réseau de distribution.

Les gestionnaires de réseau, quant à eux, bénéficient, grâce à ces nouveaux compteurs, d'un avantage certain, notamment parce qu’il devront envoyer moins de collaborateurs sur les routes. En principe, cela devrait donner lieu à plus long terme à des tarifs de réseau encore plus bas, mais nous savons par expérience que ceux-ci baissent rarement...

Imposer l’introduction du compteur numérique, c’est aller trop loin. Via notre pétition www.digitalemeterzonderkosten.be nous plaidons en faveur d’un choix volontaire et pour une répartition équitable des coûts d’introduction du compteur numérique. Signez notre pétition, car plus nous serons nombreux, plus notre voix sera déterminante pour les décideurs politiques. 

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