Communiqué

Test Achats demande au Codeco de prendre des mesures urgentes

30 août 2022

Les prix du gaz et d'électricité continuent de s'envoler, mettant de nombreux ménages dans l’impossibilité de régler leurs factures, alors même que l’automne et l’hiver n’ont pas encore commencé. Dans ce contexte, et pour tenter de préserver au maximum les ménages face à cette situation de crise, Test Achats demande au gouvernement d’adopter des mesures urgentes lors du CodeCo de ce mercredi 31 août, telles que le plafonnement des prix, la taxation des surprofits et la réintroduction des contrats fixes. L'organisation de consommateurs encourage également les autorités, mais aussi les ménages, à limiter au maximum leur consommation énergétique.

Drame social

En août, la facture d'électricité s'élevait à 2 200 euros par an, celle de gaz à 3 800 euros. Des chiffres plus récents ne sont pas encore disponibles, mais les prix de gros pour le gaz naturel ont atteint 339 euros/ MWh la semaine dernière, ce qui laisse craindre que la facture pourrait encore augmenter et dépasser les 5 000 euros pour les personnes qui se chauffent au gaz. “Si on part de ces chiffres, des factures annuelles qui s’approchent du montant hallucinant de 10 000 euros par an ne sont plus une fiction mais une réalité douloureuse”, affirme Julie Frère, porte-parole de Test Achats. "De moins en moins de personnes peuvent échapper à ces prix extrêmes. Les contrats fixes d'un an signés l'été dernier arrivent tous à échéance, ce qui signifie que chaque jour qui passe, davantage de clients seront contraints de souscrire à des contrats variables à ces prix sans précédent et de supporter seuls les éventuelles futures hausses de prix", indique-t-elle.

Dans ce contexte inquiétant, et en vue du Comité de concertation de mercredi prochain, Test Achats souhaite suggérer au gouvernement un certain nombre de pistes à explorer.

Prolongation des mesures actuelles

L’organisation de consommateurs plaide tout d’abord pour une prolongation des mesures actuelles actuellement prévues jusqu’à la fin de l’année: la baisse de la TVA à 6 % sur le gaz et l’électricité, ainsi que la prolongation du tarif social élargi. Concernant ce dernier, Test Achats demande au gouvernement d’étudier les pistes pour en poursuivre l’élargissement, ainsi que pour l’ancrer structurellement. L’organisation soutient également le gouvernement dans sa volonté de plafonner les prix de l’énergie au niveau européen.

 

Sobriété énergétique

En parallèle, il convient de limiter la consommation énergétique à tous les niveaux. L’organisation de consommateurs appelle le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour diminuer la consommation là où cela est possible: placer des lampes LED pour l’éclairage public, baisser le chauffage dans les bâtiments publics, obliger les entreprises et les magasins à éteindre les publicités lumineuses, etc. A côté de ces mesures, les pouvoirs publics doivent faciliter l’accès des ménages aux outils leur permettant de diminuer leur consommation d’énergie: isolation, placement de panneaux photovoltaïques, etc. Cet accès doit être facilité aussi bien en termes financiers (TVA réduite, prêt sans intérêt, etc) qu’en termes de bureaucratie (documents à rassembler, conditions à remplir, etc).

 

Taxation des surprofits

Les prix actuels du gaz sont une véritable mine d'or pour certains producteurs d'électricité, ce dont témoignent les bénéfices plantureux réalisés en cette période de crise. Test Achats insiste à nouveau pour que – malgré les difficultés juridiques – le gouvernement étudie plus avant la manière de taxer les bénéfices excédentaires, ou de prévoir un mécanisme permettant d’empêcher ce type de surprofit afin qu’ils soient directement redistribués aux ménages.

 

Réintroduction des contrats fixes

A l’heure actuelle, les contrats fixes ont quasiment disparu du marché. Avec pour conséquence que ce sont les ménages qui supportent seuls le risque d'augmentation des prix. “Nous estimons que les fournisseurs, et en particulier ceux qui disposent de leur propre capacité de production et qui sont loin de souffrir de la crise actuelle, devraient être contraints de proposer aux consommateurs au moins un contrat fixe à un tarif régulé par la CREG. De cette façon, le risque de hausses de prix serait plus justement réparti entre les fournisseurs et les consommateurs” détaille Julie Frère. “En outre, nous demandons une simplification des tarifs variables afin qu'ils redeviennent comparables pour les consommateurs. Il est inacceptable qu'en période de crise énergétique, la complexité des tarifs variables ne permette pas aux consommateurs de s'orienter vers le produit le moins cher”.

 

Nettoyage de la facture d’énergie

Bien que l'augmentation actuelle de la facture d’énergie est due au coût de l'énergie elle-même, Test Achats réitère sa demande de dégraisser en profondeur la facture d'électricité, véritable feuille d’impôts, en la réduisant à l'essentiel : l’électricité, son transport et sa distribution. Les autres postes - tels que les redevances, taxes, obligations de service public, etc - n'y ont pas leur place et ne font qu’alourdir une facture déjà très salée. Le moment est venu de repenser structurellement la facture d’énergie en Belgique.