II. Plus de concurrence sur le marché des télécoms

La plupart des consommateurs belges sont des utilisateurs de « packs », ces ensembles dits « 3play » ou « 4play ». Test Achats constate que les prix de tels services indispensables pour le consommateur sont sensiblement plus chers que dans nos pays voisins. Une plus grande concurrence sur le marché des télécoms, afin de défier le duopole de Proximus et des câblo-opérateurs, est cruciale.

Duopole

L’évolution actuelle du marché des télécoms ne joue pas en faveur du consommateur. La part de marché des grands fournisseurs ne cesse en effet de croître, ce qui ne favorise pas la concurrence. Le duopole de plus en plus prononcé de Proximus et des câblo-opérateurs limite le choix du consommateur. Qui plus est, des opérateurs comme Billi et des formules alternatives comme Snow ont dans l’intervalle disparu. Vu leur position dominante, les grands opérateurs augmentent de surcroît régulièrement leurs prix.

Packs

La concurrence dans le secteur télécom ne se joue plus au niveau du marché du mobile, mais bien sur celui des packs all-in. Proximus, Telenet, Orange et Voo essaient de faire en sorte que leurs clients leur soient liés par le plus de services possibles, via des packs qui, outre Internet, peuvent contenir également la télé, une ligne fixe, une connexion Internet ou un abonnement de GSM.

Selon les chiffres de l’IBPT, les opérateurs ont à nouveau réalisé en 2017 une croissance nette importante du nombre d’abonnés de packs : +131 601, pour atteindre 3,19 millions. Tous les types de pack progressent (2-play +1,1 % et 3-play +1,4 %) mais c’est le nombre de ménages en quadruple play (4play) qui a enregistré la plus forte croissance : +12,1 %, pour atteindre 938 918, ce qui représente entre-temps déjà 29,4 % du marché du pack résidentiel. Pour le client, un tel pack 4 en 1 a comme avantage qu’il reçoit moins de factures et paie souvent moins. Pour les fournisseurs, c’est le moyen par excellence pour lier leurs clients pour plusieurs années. Disposer de tous les services sous une même enseigne offre donc certes une clarté et une commodité supérieures, mais le confort a un prix, puisque sur le marché des packs – comme pour les utilisateurs mobiles intensifs – la Belgique se révèle tout simplement trop chère.


Recommandations

  • Il convient de casser le duopole afin de créer une plus grande concurrence. Test Achats soutient l’entrée d’un 4e opérateur de réseau mobile également capable de proposer au client des services de télévision, Internet et ligne fixe.
  • De meilleures conditions d’accès pour le câble : actuellement, proposer la télé et Internet est encore trop coûteux pour un nouvel acteur vu que les conditions d’accès pour adhérer au réseau existant de câble, de fibre de verre ou de DSL ne sont pas intéressantes (lire : trop coûteuses). Tant que cela reste le cas, les opérateurs étrangers ne seront pas enclins à oser s’aventurer sur le marché belge pour y casser les prix. Nous attendons donc avec intérêt l’analyse de marché finale du régulateur, l’IBPT. Celle-ci doit, en plus d’abaisser sensiblement les seuils d’accession à un réseau, également offrir les possibilités à des opérateurs alternatifs d’aborder de nouveaux segments. Ce n’est qu’alors que la voie sera réellement ouverte pour plus de concurrence, une offre sur mesure et des prix inférieurs pour le consommateur.