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Glyphosate: des études indépendantes s’avèrent cruciales

27 avril 2017
Glyphosate pas sans danger

27 avril 2017
Les documents Monsanto compromettent sérieusement la crédibilité de l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Nous demandons de toute urgence que la clarté soit faite et que davantage de moyens financiers soient octroyés à l’agence pour qu’elle puisse commander des études indépendantes.

Le glyphosate est-il cancérigène ou non? En mars 2015, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) dépendant de l'OMS avait classé le glyphosate comme substance "probablement" cancérigène. Quelques mois plus tard, deux agences européennes prétendaient le contraire: l’Agence de sécurité alimentaire européenne EFSA concluait à l’absence de danger pour l’homme, et l’Agence européenne des produits chimiques ECHA lui emboîtait le pas, sauf mise en garde des utilisateurs contre les dommages aux yeux. Tout cela est loin d’être rassurant. Surtout maintenant qu’il est question dans les médias des «Monsanto papers» : une fuite de courriers électroniques échangés entre des collaborateurs de l’entreprise met en lumière que Monsanto, le plus grand producteur de glyphosate, a influencé des études et des scientifiques afin qu’ils rédigent des études positives sur cette substance.

Notre avis

Les «Monsanto papers» dénoncent à nouveau le manque de transparence des institutions européennes en ce qui concerne certaines études prises en compte et font même douter de l’indépendance de certains experts.
Nous sommes d’avis qu’il n’est plus tolérable que l’Agence européenne de sécurité alimentaire EFSA doive se fonder, pour ses évaluations, sur des études exécutées par ou pour le compte des fabricants eux-mêmes. Cette instance doit obtenir les moyens financiers nécessaires afin de déterminer si les recherches scientifiques ont été correctement exécutées et pour commander des recherches indépendantes si nécessaire. À cette fin, un fonds devrait être créé dans lequel les industries concernées déposent de l’argent afin que l’EFSA puisse faire son travail. Ceci, suivant l’exemple de l’Agence européenne des médicaments.

Nos exigences concernant le glyphosate 

  • Il devrait être interdit de vendre, d’utiliser ou de placer des produits reconnus au niveau national comme contenant du glyphosate, dans des endroits où le risque d’exposition est élevé, comme chez les particuliers par exemple, mais aussi dans des endroits publics comme les écoles, les hôpitaux et le long des voies ferrées.
  • La recherche de solutions alternatives éco-responsables pour le glyphosate dans l’agriculture doit être accélérée.
  • Il convient d’examiner de manière plus approfondie l’impact du glyphosate sur les groupes vulnérables de personnes telles que les femmes enceintes, les femmes qui allaitent, les enfants et les agriculteurs.
  • Nous plaidons pour que l’autorisation du glyphosate ne soit pas prolongée par mesure de précaution. C’est pourquoi, en collaboration d'autres associations, nous avions fait passer le message à nos ministres fédéraux, dans l’espoir que notre pays adopte cette position au niveau européen. Malheureusement, le gouvernement fédéral n’a pas été sensible à nos arguments. Nous ne baissons toutefois pas les bras pour qu’un terme soit définitivement mis à la vente du glyphosate. Nous continuons à faire pression à tous les niveaux des autorités belges et européennes afin d’affiner la réglementation.

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