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Pourquoi il ne faut pas arrêter vos hypotenseurs ou immunosuppresseurs à titre préventif

23 mars 2020

Des rumeurs inquiétantes circulent selon lesquelles des patients suivant un traitement à base d’hypotenseurs ou d’immunosuppresseurs courraient un risque accru d’infection au COVID-19. Toutefois, il n’ existe aucune preuve scientifique qui confirmerait ces rumeurs.

Des rumeurs circulent ces derniers jours sur les hypotenseurs et les immunosuppresseurs. Elles affirment que ces médicaments auraient une incidence néfaste sur une infection au coronavirus. Jusqu’à présent, aucune preuve ne confirme ces rumeurs. N’arrêtez donc pas de prendre vos médicaments à titre préventif. Voici sur quoi reposent ces suppositions.

Hypotenseurs

Les inhibiteurs ACE et les sartans sont des hypotenseurs fréquemment utilisés. Leurs noms se terminent respectivement par -pril (ex. captopril) et -sartan (ex. valsartan). Par le recours à ces médicaments, une protéine (ACE2) se retrouve plus souvent sur les membranes cellulaires. Les coronavirus semblent avoir besoin de cette protéine spécifique pour contaminer les cellules. D’où l’hypothèse selon laquelle des patients prenant de tels médicaments seraient plus sensibles aux infections par le COVID-19 ou connaîtraient davantage de complications une fois contaminés.

Toutefois, il n’existe jusqu’à présent aucune preuve scientifique qui viendrait soutenir une telle hypothèse. Le spécialistes des maladies cardiovasculaires conseillent dès lors de ne pas arrêter la prise de tels hypotenseurs. Cela pourrait entraîner une augmentation soudaine de la pression artérielle, des problèmes cardiaques, etc.

Poursuivez donc votre traitement conformément à la prescription. En cas d’inquiétude, discutez-en avec votre médecin traitant.

Immunosuppresseurs

En cas de maladie auto-immune comme le rhumatisme, la maladie de Crohn, le psoriasis etc., le système immunitaire réagit de manière exagérée contre son propre organisme. Les immunosuppresseurs (les immunomodulateurs) comme la cortisone, le méthotrexate, les médicaments biologiques (adalimumab, infliximab, etc.) inhibent cette réaction exagérée. Courez-vous, en tant que patient, davantage de risques d’être infecté par la COVID-19 ou d’être victime de complications si vous êtes contaminé?

Là encore, les preuves scientifiques font défaut. Les spécialistes conseillent de ne pas arrêter la prise d’immunosuppresseurs aussi longtemps que vous ne présentez pas de symptômes de COVID-19. Si vous ne prenez plus vos médicaments, vous pourriez déclencher une poussée de votre maladie auto-immune, entraînant même une baisse de votre résistance.

Les personnes inquiètes ou présentant des symptômes d’une infection virale peuvent se concerter avec leur dermatologue, leur rhumatologue ou leur gastroentérologue.