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Les pharmacies en ligne déçoivent

28 novembre 2017
pharmacie en ligne

28 novembre 2017
Qui achète ses médicaments en ligne s’expose à être conseillé de manière insuffisante par le pharmacien. Dès lors, à nos yeux, une extension aux médicaments soumis à prescription n’est pas encore à l’ordre du jour. Nous avons adressé à ce sujet un courrier à la Ministre De Block. 

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Nous avons passé deux commandes différentes auprès de 50 pharmacies en ligne. Six pharmaciens à peine ont fourni correctement les deux commandes. Bien souvent, les conseils sur la dose à prendre ou les effets secondaires ont brillé par leur absence.

Deux commandes auprès de 50 pharmacies en ligne

Notre première commande se composait de 10 sprays nasaux décongestionnants. Un tel spray peut aider à dégager un nez bouché, mais il ne peut être utilisé que 5 jours d’affilée au maximum. Un usage continu du spray peut entraîner une accoutumance et une inflammation de la muqueuse nasale. Pourtant, 38 pharmacies en ligne ont livré l’ensemble des sprays nasaux, et à peine 10 d’entre elles ont attiré l’attention sur le risque d’accoutumance. 

Le second scénario consistait à commander un anti-inflammatoire en même temps qu’un complément alimentaire spécifique pour la grossesse. Chaque fois que c’était possible, on précisait au moment de la commande que les médicaments étaient destinés à une personne enceinte de sept mois. Cet anti-inflammatoire peut prolonger la grossesse et l’accouchement, et provoquer une insuffisance rénale et une défaillance cardiaque chez l’enfant. Néanmoins, 25 pharmacies en ligne ont envoyé la combinaison sans avertir qu’il ne fallait pas la prendre pendant la grossesse. C’est inadmissible.

Manque de conseils et de sécurité

La majeure partie des pharmaciens en ligne de l’enquête n’a dispensé que bien trop peu d’informations sur l’usage sûr des médicaments. Seuls 23 des pharmaciens  soumis à l’enquête indiquent sur leur site le nombre de fois par jour qu’il faut prendre le médicament. Et 4 pharmaciens sur 5 ne renseignent pas sur les effets secondaires ou les contre-indications de leurs médicaments.

Lors de la livraison, l’information est tout aussi limitée. Pour le spray nasal, les renseignements à la livraison étaient tout bonnement affligeants : 37 des pharmacies en ligne concernées ont adressé le médicament sans la moindre information complémentaire. Pour le deuxième scénario, les explications sont un peu meilleures. Mais 18 pharmacies n’en ont pas moins livré les médicaments sans explication.

La sécurité en ligne est tout aussi insuffisante : à peine 21 des 50 pharmacies concernées par l’enquête se sont révélées suffisamment sûres. Pour 16 officines en ligne, on peut même parler de graves failles de sécurité. Dans certains cas, il est possible de consulter les données personnelles et les données de paiement des consommateurs ou d’intercepter leur mot de passe. Ces pharmacies en ligne ont été informées du problème, afin qu’elles puissent prendre les mesures nécessaires. 

Extension? Pas pour demain!

Dans le cadre de son plan pluriannuel, la ministre Maggie De Block étudie actuellement la possibilité d’également proposer par des voies numériques des médicaments vendus sur ordonnance. Même si, selon nous, les pharmacies en ligne apportent une valeur ajoutée, nous demeurons sceptiques face à un tel développement. Il s’agit d’abord d’assurer la qualité des prestations pharmaceutiques et de la sécurité des pharmacies en ligne telles qu’elles existent, avant de les ouvrir aux médicaments sur ordonnance. Nous avons adressé à ce sujet un courrier à la Ministre De Block. 

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