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Un nouvel outil pour limiter le recours aux statines

23 janvier 2020
Un nouvel outil pour freiner le recours aux statines

Seul un Belge sur huit qui prend une statine ou un autre médicament pour réduire son cholestérol, peut espérer en tirer bénéfice. Or, 88% se voient administrer le traitement à titre préventif, ce qui n'est pas sans poser de problème. Un nouvel outil interactif devrait permettre de mieux identifier les patients chez qui les statines sont réellement indiquées. C'est une bonne chose, selon nous.

Un quart des plus de 40 ans - soit un million et demi de Belges - prend des statines pour faire baisser son taux de cholestérol. Une tendance problématique aux yeux du KCE (le Centre fédéral d'Expertise des Soins de santé) car les effets secondaires de ces médicaments ne sont pas négligeables.

Pour bien mesurer les avantages et les bénéfices et aider à la prise de décision, le KCE  a développé un outil interactif, principalement destiné aux médecins généralistes. C'est une bonne chose. Nous avons nous-mêmes souligné à plusieurs reprises combien les inhibiteurs de cholestérol sont sur-prescrits.

Un outil pour mieux communiquer avec les patients

Très souvent, la décision de prescrire une statine est prise unilatéralement par le médecin.

L'objectif du nouvel outil est d'encourager médecins et patients à en discuter lors de la consultation. Ensemble, ils pourront soupeser le pour et le contre et évaluer si un traitement est vraiment nécessaire. Les effets secondaires des statines sont certes rares, mais potentiellement importants (lésions musculaires, diabète, insuffisance rénale).

Au patient de définir, de façon éclairée et partagée après information, la place du traitement. Et ce, d'autant plus que la réduction du risque de maladies cardiovasculaires passe en première intention par des mesures d'hygiène de vie comme l'arrêt du tabac, une activité physique suffisante et une alimentation équilibrée.

Statines: quand alors ?

Pour le KCE, l’utilité des statines ne fait aucun doute en prévention secondaire, c'est-à-dire chez les patients qui ont déjà connu un accident cardiovasculaire (AVC ou infarctus). En cas de pression artérielle systolique supérieure à 180 mmHg ou de taux de cholestérol total supérieur à 300 mg/dl, mieux vaut généralement recourir à un médicament hypocholestérolémiant.

Par contre, chez les personnes qui présentent un risque moindre, les bénéfices sont souvent inférieurs au risque d'effets secondaires.

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