Dossier

Vins bio

17 janvier 2022
panneau bio dans vignoble

Les vins bio n’ont plus rien d’exceptionnel. Les domaines viticoles sont de plus en plus nombreux à passer à la culture biologique ou biodynamique, les supermarchés et les magasins de vins proposent des vins bio, et même les restaurants étoilés mettent des vins “naturels” à leur carte. Mais la terminologie reste sujette à pas mal de confusion. Une clarification s’imposait.

Viticulture classique vs viticulture alternative

42 Mauvaise
qualité
Vins
Prix de référence 12,95 
65 Bonne
qualité
Vins
Prix de référence 14,99 
79 Top
qualité
Vins
Prix de référence 5,45 

Viticulture classique

L’image idyllique du viticulteur arpentant sa vigne en charrette tirée par des chevaux ne correspond plus depuis belle lurette à la viticulture conventionnelle. Entamée vers le 18ème siècle, la révolution technologique s’est encore amplifiée après la seconde guerre mondiale. La modernisation des vignobles et de meilleures connaissances chimiques ont fait de la viticulture une véritable industrie, et donc du big business. Les œnologues (spécialistes des techniques scientifiques viticoles) ont fait leur apparition et ont standardisé tout le processus de manière industrielle, pour obtenir une production et un rendement plus importants, de meilleure qualité et d’une plus grande constance. 
La viticulture conventionnelle fait appel à des produits artificiels, tant dans les vignobles eux-mêmes que dans les chais. On pulvérise par exemple des pesticides sur les vignes, pour les protéger de toutes sortes de maladies, on ajoute au moût des levures synthétiques pour lui donner un arôme particulier (p. ex. fruit de la passion, truffe, cacao, etc..), des copeaux de bois pour imiter la maturation en fûts, du sucre pour donner du corps, et de grandes quantités de sulfite pour stabiliser le vin et améliorer sa conservation. 

L’industrie viticole classique a même parfois intérêt à se conformer aux particularités d’une région et à ses règles de production et de goût, afin de pouvoir se revendiquer sur ses étiquettes d’une appellation d’origine protégée (AOP en France, DOC en Italie par exemple) très convoitée. Le consommateur n’en est pas nécessairement conscient, car le secteur viticole n’est pas tenu de mentionner sur l’étiquette les ingrédients ajoutés, à l’exception de l’indication générale “contient des sulfites”. 

Viticulture alternative

Mais, ces dix dernières années, on a davantage pris conscience du fait que la qualité du vin ne peut pas être supérieure à celle de ses raisins. Les pulvérisations et les engrais chimiques sans fin influencent le terroir et la qualité. Les pesticides ne s’attaquent pas seulement aux organismes nuisibles à la vigne, mais aussi aux plantes et aux animaux qui exercent une influence positiver sur le microclimat du domaine. A long terme, la pollution s’accumule dans le sol, au risque de le rendre finalement stérile. Sans parler du risque de retrouver des résidus de pesticides dans le vin lui-même. 
C’est en réaction à cette situation qu’est apparue la viticulture alternative, avec la volonté de cultiver le raisin sans produits synthétiques et de produire un vin sans aucun additif ajouté. Ce qui rend progressivement le business du vin plus “vert” et plus respectueux de la nature. Car la viticulture biologique insiste davantage sur un processus de production “naturel”. Il n’empêche que nos oreilles bourdonnent de tout un vocabulaire : bio, biodynamique, vin naturel, vin organique, etc.