Pratiques commerciales trompeuses et déloyales de Ryanair : un premier jugement du tribunal de l’entreprise confirme les griefs de Testachats
Une action en cessation …
Testachats, soutenue par son organisation coupole Euroconsumers, introduisait une action en cessation contre la compagnie aérienne irlandaise Ryanair pour diverses pratiques contraires aux droits des consommateurs lors du processus de réservation. Parmi les points visés dans l’action, les frais facturés pour un bagage à main de 10 kg et de taille raisonnable, le manque de transparence par rapport aux coûts des options telles que l’embarquement prioritaire, des bagages supplémentaires, des messages marketing trompeurs, etc. Cette action fait suite à trois plaintes déjà déposées par Testachats auprès de l’Inspection économique. Ce 28 janvier 2026, le tribunal de l’entreprise a rendu un jugement qui donne raison à l’organisation de consommateurs sur plusieurs points fondamentaux.Un manque de transparence, des options opaques et des pratiques illicites
Suite à l’action de Testachats, le juge des cessations a confirmé le caractère illicite de plusieurs pratiques utilisées largement par la compagnie aérienne et la condamne à les modifier sous peine d’une astreinte de 5000 EUR/jour à l’issue d’un délai de trois mois à dater de la signification du jugement. Ce sont les pratiques suivantes :
a) Les formules tarifaires groupées :
Une fois le vol choisi, le passager doit choisir entre différents forfaits : Basic, Regular, Flexi Plus of Plus. S’il souhaite prendre un bagage à main, tout mène à croire qu’il doit opter pour le tarif « Regular ». En optant pour ce forfait, il aura également droit à l’embarquement prioritaire et à un siège réservé, ce qui n’est pas forcément nécessaire. En réalité, il est parfaitement possible d’opter plus tard pour ces options séparément, en ne choisissant dès lors que celles dont le passager a réellement besoin, et à moindre coût. Mais Ryanair se garde bien de l’indiquer au moment du choix du forfait, et d’indiquer le prix des services accessoires, afin de pousser à l’achat des forfaits plus onéreux. Pourtant, là aussi la loi prévoit que le prix définitif doit être précisé dès le début du processus de réservation. Le juge confirme l’illégalité de la pratique.

b) « Plus que 5 sièges à ce prix » et des annonces de réductions avec un faux prix de référence :
L’action de Testachats, soutenue par son organisation coupole Euroconsumers, s’attaque à l’allégation « plus que 5 sièges à ce prix » à côté d’un nouveau prix en rouge affiché à côté d’un prix barré, donnant la sensation que le passager doit se dépêcher pour profiter de cette bonne affaire, alors que l’organisation a relevé plusieurs cas où le prix a ensuite baissé. Cette pratique est également illicite selon le juge, de même que les annonces de réduction de prix avec un faux prix de référence.

c) La pratique visant à ne pas afficher les prix des bagages enregistrés séparément pour le vol aller et pour le vol retour.
« Nous nous félicitions de cette décision majeure en faveur des droits des consommateurs et consommatrices, qui rappelle leur droit d’être informé.e.s correctement, sans manipulation et utilisation de « dark patterns », pour pouvoir prendre des décisions en pleine connaissance de cause », réagit Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Testachats.
Bagages à mains et suppléments pour s’asseoir à côté d’un mineur : le combat continue
Sur la question des bagages à main devant faire partie du prix du billet ainsi que les suppléments facturés pour pouvoir s’asseoir à côté d’un enfant mineur, la juge estime que ces pratiques ne sont pas illégales en l’état.
"Notre combat continue à tout le moins dans l’arène européenne, sachant que des réglementations majeures sur les droits des passagers sont en cours de révision, et que la position du Parlement européen est favorable à l’obligation d’inclure un bagage à main de 7 kg dans le prix du billet, et à la gratuité du siège de l’accompagnant d’un enfant mineur » rappelle Jean-Philippe Ducart "
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