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La lutte contre la consommation excessive d’antibiotiques porte ses fruits

03 juillet 2018
Antibiotiques

03 juillet 2018
Parce qu'elle favorise la résistance des bactéries, la consommation d’antibiotiques à titre préventif engendre encore et toujours des maladies et des décès. Notre pays a, certes, formulé des objectifs plus stricts désormais atteints, mais les choses avancent plus vite chez nos voisins.

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Au sein de l’Union européenne, la Belgique figure toujours parmi les principaux  consommateurs d'antibiotiques utilisés dans les filières de production de viande. Nous sommes 5ème alors que les pays voisins se positionnent plus bas dans le classement et font donc mieux que nous.

Le recours excessif aux antibiotiques entraîne une résistance à leur encontre. Selon les estimations, ceci est indirectement à la base de 25.000 décès par an en Europe, suite aux infections bactériennes contre lesquelles les antibiotiques restent sans effet. 

Trois objectifs

Conscients de la situation, les pouvoirs publics ont fondé en 2012 le centre de connaissances AMCRA (Antimicrobial Consumption and Resistance in Animals) qui  a défini trois objectifs: 

  1. Une diminution de la consommation globale d’antibiotiques de 50 % à l’horizon 2020;
  2. Une diminution de la consommation d’antibiotiques considérés comme étant essentiels pour l’homme de 75 %, là encore à l’horizon 2020;
  3. Une diminution de l’alimentation animale intégrant des antibiotiques de 50 % pour 2017.

Seule la main de fer fonctionne

A l’origine, on souhaitait atteindre ces objectifs à coup d’informations, de sensibilisation et d’autorégulation du secteur. Mais après s’être aperçu que cela n’avait pratiquement pas d’effet, voire un effet contraire (après avoir diminué jusqu’en 2013, la consommation d’antibiotiques a fortement augmenté en 2015), les pouvoirs publics ont changé leur fusil d’épaule et imposé des mesures coercitives à partir de 2016.

Non sans résultat: en 2017, la consommation d’antibiotiques considérés comme essentiels pour l’homme baissait de 84% tandis que l’utilisation d’aliments pour animaux intégrant des antibiotiques diminuait de 67% par rapport à 2011.

Encore du pain sur la planche

Toutefois, le travail est encore loin d’être fini. Le moment est venu de formuler de nouveaux objectifs encore plus drastiques. L’utilisation chez les animaux d’antibiotiques essentiels pour l’homme doit tout bonnement être réduite à néant. L’utilisation globale d’antibiotiques a diminué de 26% « seulement » entre 2011 et 2017. Il reste dès lors un bon bout de chemin à parcourir pour atteindre l’objectif de -50% d’ici 2020.  

En outre, nous constatons que certains pays voisins font (beaucoup) mieux. Aux Pays-Bas, en France mais aussi et surtout en Allemagne : si la consommation d’antibiotiques était encore supérieure de 20% en 2011 par rapport à la Belgique, elle était passée en 2015 à la moitié à peine de ce que nous consommons dans notre pays.

Nous enjoignons l’AMCRA de se pencher sur les mesures adoptées avec succès dans les autres pays de l’UE et de les appliquer au plus vite dans notre pays.

Envie d’en savoir plus au sujet des antibiotiques dans notre alimentation?

Dans notre dossier Antibiotiques dans l’alimentation, nous évoquons précisément le problème lié à la consommation d’antiobiotiques ainsi que les conséquences pour notre santé.

Vers notre dossier Antibiotiques dans l'alimentation


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